The Shape of Water, d’amour et d’eau fraîche

The Shape of Water est présentement à l’affiche à Montréal en version originale anglaise au Cinéma du Parc, au Cineplex Forum et au Cineplex Odeon Cavendish ainsi qu’au Cineplex Odéon Quartier Latin, doublé en français.

Crédit photo : The Shape of Water
The Shape of Water, d’amour et d’eau fraîche

Critique de The Shape of Water

Fort d’une victoire aux Golden Globes dans la catégorie meilleur drame, The Shape of Water a maintenant les yeux rivés sur les Academy Awards en mars prochain. Grand favori au moment d’écrire ces lignes, le long métrage de Guillermo del Toro a su séduire les critiques et le grand public dans une année très relevée.

Au début des années 60, un laboratoire secret de Baltimore est l’hôte d’une étrange créature repêchée d’une rivière en Amérique du Sud. Alors que les autorités gouvernementales l’étudient afin d’en extirper une quelconque utilité en cette période de Guerre froide, une femme de ménage muette découvre son existence et s’amourache d’elle.

Crédit photo : The Shape of Water

Le film s’ouvre sur la majestueuse musique du Français Alexandre Desplat. Sa trame orchestrale nous plonge sans tarder dans le curieux univers de del Toro, se mariant parfaitement à son esthétique.

Guillermo, comme un poisson dans l’eau

On pourrait parler du symbolisme pendant des heures, l’eau étant évidemment à l’honneur. Les leitmotivs visuels se succèdent et ajoutent de la profondeur à l’œuvre. Possédant l’ADN d’un film muet, The Shape of Water est véritablement à son meilleur lorsqu’il suggère, lorsqu’il nous montre sans dire. Intéressant compte tenu que la protagoniste a perdu l’usage de sa voix.

Le tout est servi par un excellent montage, les premières minutes du film témoignant du souci du détail du réalisateur. L’utilisation généreuse du bleu et du vert transporte le spectateur dans un monde sous-marin, le laboratoire sans fenestration donnant l’impression que les personnages se sentent tout autant prisonniers que la créature.

Crédit photo : The Shape of Water

The Shape of Water peut compter sur des comédiens d’immense talent. Michael Shannon, Octavia Spencer, Michael Stuhlbarg et Richard Jenkins jouissent d’excellentes réputations dans le milieu et, sans surprise, livrent tous la marchandise. C’est cependant Sally Hawkins qui brille de mille feux, dans un rôle où la précision des expressions faciales et du langage corporel s’avère cruciale. Douce et irrévérencieuse, sensuelle et défiante, l’actrice anglaise porte le film sur ses épaules.

Audacieux… à ses heures

Un peu à la manière de Pan’s Labyrinth, la dernière offrande de Guillermo del Toro se présente comme un conte féerique pour adultes, chevauché par une réalité beaucoup plus odieuse. Les envolées poétiques telle la superbe scène dans la salle de bain font écarquiller les yeux autant par sa splendeur visuelle que par son audace artistique. Déception, cette même audace disparaît totalement lorsqu’on s’attarde à la construction de l’intrigue et des personnages. Le vilain caricatural, les adjuvants archétypaux, les nœuds dramatiques prémâchés qui incluent le régime communiste et l’armée américaine, bref le manque d’originalité scénaristique se fait sentir. Le réalisateur mexicain aurait gagné à s’éloigner de la recette.

Malgré quelques faux-pas, The Shape of Water est un film sommes toutes réussi qui exalte au passage quelques moments d’anthologie.

7/10.

The Shape of Water est présentement à l’affiche à Montréal en version originale anglaise au Cinéma du Parc, au Cineplex Forum et au Cineplex Odeon Cavendish ainsi qu’au Cineplex Odéon Quartier Latin, doublé en français.