Star Wars: The Last Jedi : le nerf de la guerre

Star Wars: The Last Jedi est toujours en salle dans la plupart des cinémas à Montréal.

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Crédit photo : Star Wars: The Last Jedi
Star Wars: The Last Jedi : le nerf de la guerre

Critique de Star Wars: The Last Jedi

En ayant déjà plein les bras avec les sorties de décembre et de janvier, j’ai dû mettre sur la glace pendant quelques semaines ma critique du nouveau Star Wars. Puisqu’il est ardu de débattre d’un film de cette envergure sans se dissocier du phénomène social et du bruit qui l’entoure, ce mois et demi m’a permis de prendre une certaine distance face au dernier opus intergalactique.

C’est à Rian Johnson (Looper, quelques épisodes de la série Breaking Bad) qu’on a donné les rênes pour The Last Jedi, la onéreuse deuxième offrande de la toute dernière trilogie.

Menée par la Princesse Leia, la Résistance lutte contre le Premier Ordre qui tente par tous les moyens de détruire le gouvernement de la Nouvelle République. Pendant ce temps, Rey traque Luke Skywalker sur une planète reculée afin de lui demander son aide.

L’importance des personnages… et des acteurs

L’un des coups de génie des producteurs aura été de miser sur une distribution charismatique et talentueuse, les faiblesses scénaristiques et des dialogues pouvant ainsi être épongées. Le personnage de Rey joué par Daisy Ridley s’avère une héroïne féminine formidable tandis qu’Adam Driver incarne son Kylo Ren de façon efficace, un vilain un brin différent, immature et puéril. John Boyega n’est malheureusement pas très bien utilisé dans cette suite, mais, en contrepartie, le rôle d’Oscar Isaac (Poe Dameron) prend de l’ampleur. Mark Hamill (Luke, qui d’autre) n’aura jamais été aussi bon.

Crédit photo : Star Wars: The Last Jedi

Devant la quantité de personnages secondaires, plusieurs favoris sont contraints à des rôles effacés. Difficile de trouver un équilibre à cet effet. Les influences shakespeariennes, la qualité des protagonistes et des antagonistes et l’originalité effarante du monde créé demeurent les assises de cette série iconique.

On peut sentir des divergences dans la présentation générale si on compare The Last Jedi à la ligne directrice tenue habituellement dans les autres films. Autant The Force Awakens est peut-être un peu trop resté collé à ses prédécesseurs, autant Rian Johnson n’a pas hésité à prendre quelques risques. Or, certaines des libertés prises font sourciller (beaucoup d’entre elles concernant la fameuse « force »).

La chance et le hasard

Rencontres fortuites, chances inespérées, on demande aux spectateurs une levée de leur incrédulité à maintes reprises. Ces éléments font évidemment partie du modus operandi de la série (et des films à grand déploiement en général), mais le tout est trop clairement cousu au fil blanc. Le rythme implacable nous empêche néanmoins de nous y attarder pendant la projection.

Crédit photo : Star Wars: The Last Jedi

Devant l’immensité du cosmos et l’énormité des enjeux, il est parfois difficile de saisir l’essence et la valeur de certaines actions posées par les protagonistes. En ce sens, chercher à mettre en perspective l’importance d’une contre-attaque de vaisseaux spatiaux est un exercice qui semble un peu futile. Le résultat n’en est pas moins divertissant, mais de meilleures mises en contexte auraient décuplé l’efficacité.

Malgré la grande qualité du jeu des acteurs et des effets spéciaux, Star Wars: The Last Jedi est un chapitre oubliable de la série.

6/10.

Star Wars: The Last Jedi est toujours en salle dans la plupart des cinémas à Montréal.