La Zone : voyage à travers l’esprit

Le film La Zone sera présenté à Montréal dans le cadre des Rendez-vous Québec Cinéma en version originale française, le mardi 27 février à 19 h 30 à la Cinémathèque québécoise (salle Hydro-Québec).

la zone
Crédit photo : La Zone
La Zone : voyage à travers l’esprit

Critique de La Zone

C’est le 21 février 2018 qu’a débuté la 36e édition des Rendez-vous Québec Cinéma. S’étalant sur une période de onze jours, près de 300 films seront présentés pendant l’événement. Parmi cette belle brochette, j’ai eu l’opportunité de visionner en primeur La Zone, un hommage annoncé à Chris Marker, connu surtout pour ses essais cinématographiques et ses documentaires expérimentaux.

Dans ce long-métrage expérimental qui baigne dans la science-fiction, Madeleine (voix d’Élisabeth Chouvalidzé) demande l’aide d’un « Stalker »(voix d’Albert Millaire) afin de retrouver, dans un voyage à travers ses souvenirs et ses pensées, un vieil ami perdu.

Un hommage et des clins d’œil

Le réalisateur Denys Desjardins (alias : Syned Sindrajed) bâti sur les thèmes et les idées du réputé cinéaste décédé en 2012, dans une sorte de suite spirituelle à ses films les plus connus, La Jetée et Sans Soleil. Intéressé par les intertextes, on peut également soulever des références aux films d’Andrei Tarkovsky (La « zone » est le nom d’un lieu important dans le formidable Stalker) et d’Alain Resnais (Hiroshima, Mon Amour).

Physiquement absents, les protagonistes se trouvent à être les narrateurs de l’histoire, commentant des images provenant des quatre coins de la planète, comme si c’était les souvenirs du passé. Desjardins incorpore des moments croqués sur le vif à des images d’archives, passant d’une époque à l’autre sans trop se soucier de la temporalité. Il tente ainsi d’évoquer le côté éphémère et décousu de la mémoire. Son film emprunte parfois une avenue politique qui n’est pas étrangère aux films de Marker. D’une durée de 80 minutes, le tout se digère facilement.

Crédit photo : La Zone

L’enjeu scénaristique du récit importe peu au final, servant de véhicule pour tout le reste. On s’égare, voire on en vient à oublier la quête du personnage principal. Ceci étant dit, n’est-ce pas là le propre de l’univers des songes? En juxtaposition avec la narration, les images choisies possèdent une importante charge émotive. Une sensation de flottement imprègne le spectateur, attrapant au vol un visage inoubliable ou une pensée qu’il aime. Les arrêts sur image, les fondus, les répétitions et les échos viennent caractériser les réminiscences de Madeleine.

Avec prudence

Le jeu de la comparaison entre La Zone et l’œuvre de Chris Marker s’avère inévitable. Autant par les qualités visuelles que par l’intention, le travail de Desjardins se marie bien à la filmographie du réalisateur français. Trop prudent dans sa démarche, c’est un peu comme si le cinéaste québécois avait peur de froisser son mentor alors qu’il aurait probablement été pertinent de pousser plus loin la réflexion. Difficile de jouer avec le sacré, même lorsqu’on parle d’un artiste versé dans l’expérimentation. Ajoutons aussi qu’une partie du discours concernant les États-Unis manquait un brin de raffinement.

Néanmoins, La Zone demeure une œuvre charmante qui nourrit l’esprit.

7/10.

Le film La Zone sera présenté à Montréal dans le cadre des Rendez-vous Québec Cinéma en version originale française, le mardi 27 février à 19 h 30 à la Cinémathèque québécoise (salle Hydro-Québec).

Pour plus d’infos: 

http://rendez-vous.quebeccinema.ca/films/la-zone