La Cathédrale Marie-Reine-du-Monde accueille une relique spéciale

Des centaines de pèlerins et croyants se sont déplacés pour l'occasion

St Francois Xavier
La Cathédrale Basilique Marie-Reine-du-Monde et la file qui attendait de voir le bras de Saint François-Xavier - crédit photo : YULorama
La Cathédrale Marie-Reine-du-Monde accueille une relique spéciale

Le sacré m’a toujours fasciné. Je fais partie des dernières générations qui ont eu accès à des cours de cathéchisme à l’école, mais dont la religion n’était pas présente à la maison. Certes, j’ai accompagné ma grand-mère à l’église pendant des années, mais c’était plus un rituel d’observation et de réflexion qu’une obligation religieuse. Les bondieuseries n’étaient pas populaires chez moi.

N’étant pas croyante, plutôt agnostique, je n’adhère pas aux dogmes de l’Église catholique – ni de n’importe quelle autre forme de religion organisée (ou désorganisée!).

Mais tout de même, comme je le disais, le sacré me fascine. C’est cette fascination qui m’a poussé à aller assister à un événement spécial, celui de l’exposition du bras droit de Saint François-Xavier. Oui, oui. Son bras droit, avec la main et tout. Le même bras qui aurait baptisé plus de 100 000 fidèles. Saint François-Xavier étant mort en 1552, ce bras est quand même assez âgé (il fête ses 466 années en 2018!).

Bras St Francois Xavier
L’avant-bras droit de Saint François-Xavier – crédit photo : YULorama

Bref, c’est ce bras, exposé à la Basilique Cathédrale Marie-Reine-du-Monde et Saint-Jacques-le-Majeur le 28 et 29 janvier, qui m’a attiré.

– Un bras?, m’a demandé perplexe mon conjoint lorsque je lui fais part de mon plan. Un vrai bras?

– Bin oui, un vrai bras. Le bras de Saint François-Xavier, un Saint qui a vécu dans les années 1500…

– Mais je ne comprends pas. Le bras, il est dans le formol?

– Euh, je sais pas, j’imagine, je ne pourrais pas te dire. On verra…

Aucun formol nécessaire!

Et bien, on a vu. Le bras n’est pas dans le formol. Le bras, il est dans une cage de vitre. Une sorte de vitrine. Sans formol. Voyez-vous, ce bras – celui de Saint François-Xavier – ne semble pas vouloir se conformer aux lois naturelles de la décomposition humaine. L’avant-bras droit pour être plus exacte, n’aurait pas subi de décomposition naturelle depuis sa mort en 1552!

Bras St Francois Xavier1
Le bras de Saint François-Xavier – crédit photo : YULorama

Des centaines de pèlerins

Tout un phénomène donc, cette relique, mais c’est plutôt l’affluence à la Basilique qui m’a touchée. D’abord, le bâtiment est grandiose dans tous les sens du terme. Ensuite, la musique y ajoutait une ambiance exceptionnelle. Et les gens…

C’est le cas de le dire : il y avait du monde a’ messe. Une ligne ordonnée de pèlerins attendant de s’approcher de la relique et de toucher à la cloche en verre (pour toucher au réceptacle, il faut se munir d’un carton spécial). C’était un véritable pèlerinage, une démonstration de foi des fidèles de la religion catholique. Tous ces gens, priant, espérant, souriant, se trouvant chanceux de pouvoir se retrouver devant une relique reconnue.

Saint Francois Xavier
On ne pouvait pas toucher à la relique sans ce carton, qui sert de « buffer » entre notre peau et la vitrine – crédit photo : YULorama

C’était vraiment beau à voir. Ok, plusieurs seront cyniques :

– Ce n’est sûrement pas son vrai bras, c’est arrangé avec l’Église;
– C’est fou ces gens à quel point ils croient en n’importe quoi;
– Pourquoi ces gens ont besoin de se recueillir devant un bras?

Peu importe, moi je trouve ça fascinant pareil.

Donc, j’y suis allé le voir, ce bras. Je n’ai pas fait la file, je n’ai pas touché à la vitrine avec le petit carton… Je ne l’ai pas fait pour des raisons de pudeur, tout simplement. Et parce que toute cette manifestation du sacré, ça me touchait. Il faut souligner que c’était la fête de ma grand-mère, qui aurait eu 89 ans, et qui est décédée il y a 3 ans. Ça ajoutait un peu à l’atmosphère déjà mortuaire.

Bref, le bras de Saint François-Xavier ne bénit plus personne depuis longtemps, mais les foules se massent toujours pour pouvoir l’apercevoir. On dit que nos églises se vident, que les croyants se font de plus en plus rares, mais, à Montréal, on peut remplir une basilique lors d’un événement sacré et rassembleur.

C’était tout ce que j’avais à dire à ce sujet.

Amen!