The Thing, la chair de poule en été

Dans le cadre de son cycle de projection nocturne Minuit au Parc, le Cinéma du Parc présentera le film à trois reprises cette fin de semaine.

john carpenter
Crédit photo : The Thing
The Thing, la chair de poule en été

Critique de The Thing

Accueilli froidement en 1982, la notoriété de The Thing n’a fait que croître au fil des années. Macédoine de genres (science-fiction, thriller, horreur), le film de John Carpenter fonctionne en dépit de ses contradictions. Divertissant comme un bon blockbuster hollywoodien, intelligent comme une œuvre d’auteur, trashy comme un film d’exploitation, tout le monde y trouve son compte.

Librement inspiré par la novella Who Goes There? (1938) de John W. Campbell Jr., qui a subséquemment donné naissance à The Thing From An Another World (1951) d’Howard Hawks, The Thing retrace les tribulations d’un groupe de recherche américain stationné en Antarctique. Un Norvégien armé jusqu’aux dents arrive en hélicoptère et tente de tuer un chien qui s’enfuit dans la neige. Face à la folie et à l’agressivité de l’homme qui tire du fusil sans se soucier des vies humaines, un membre de l’équipe n’a d’autres choix que de l’abattre. Afin de comprendre les raisons ayant mené aux actions à priori illogiques du forcené, deux d’entre eux partent visiter le campement norvégien. Rapidement, ils réaliseront que quelque chose (pardonnez le jeu de mots) ne tourne pas rond.

En dire plus ne vous rendrait pas service.

Crédit photo : The Thing

Des effets visuels saisissants et intemporels

35 ans après sa sortie en salle, The Thing n’a pas une seule ride. Les effets spéciaux sont tout simplement hallucinants, capables de susciter dégoût et effroi encore aujourd’hui. La présence sporadique de vieux ordinateurs est le seul véritable indice de l’époque.

Par un terrifiant huis clos, le réalisateur John Carpenter s’amuse avec l’auditoire et la notion d’informations. Par moment, le spectateur en sait plus que les personnages, à d’autres, il en sait autant et certaines fois, il en sait moins. Cet art du dévoilement est le moteur du suspense dans The Thing. Il y a quelque chose de très hitchcockien dans l’approche du cinéaste.

Du Carpenter à son meilleur

La paranoïa s’empare peu à peu des protagonistes et se propage à nous comme un poison. À qui peut-on faire confiance dans ce récit? Le coup de maître de Carpenter a été de nous obliger à garder une écoute active, nous positionnant un peu comme un détective. Contrairement à beaucoup de ses films, le cinéaste limite la comédie et les lignes de dialogue un peu trop malines. Cette décision nous empêche de souffler et accentue le climat de peur qui règne dans la station. Dans les mains ultra compétentes d’une légende comme Ennio Morricone, pas besoin d’insister sur le fait que la trame musicale contribue à l’ambiance étouffante du film.

Dans le cadre de son cycle de projection nocturne Minuit au Parc, le Cinéma du Parc présentera le film à trois reprises cette fin de semaine. C’est une occasion en or de découvrir ou redécouvrir ce qui pourrait bien être la meilleure offrande de John Carpenter. Oubliez l’air climatisé et les Mister Freeze. Le froid polaire de l’Antarctique et la terreur cauchemardesque qu’est La Chose sauront vous glacer le sang!

9/10.

 Horaire de présentation de The Thing (1982) au Cinéma du Parc :

-Vendredi le 4 août 2017 à 23h30.

-Samedi le 5 août 2017 à 23h30.

-Dimanche le 6 août 2017 à 14h30.