The Square: Du malaise au pied carré.

The Square est présentement à l’affiche à Montréal en version originale (en suédois/anglais/danois) avec sous-titres anglais au Cinéma du Parc et au Cineplex Forum.   

the square
Crédit photo : The Square
The Square: Du malaise au pied carré.

Critique de The Square

The Leopard. Blow Up. Taxi Driver. Apocalypse Now. Paris, Texas. Pulp Fiction.

Ces grands films ont un point en commun : ils ont tous remporté le plus grand honneur au Festival de Cannes, communément appelé la Palme d’Or. Cette récompense mythique demeure l’une des plus convoitées des artisans de la bobine, une sorte de concrétisation ultime pour les rares cinéastes qui la soulèvent. Au fil des années, certains gagnants ont naturellement sombré dans l’oubli, néanmoins, ce sceau sacré attire immédiatement les paires de yeux.

The Square est le récipiendaire de cet honneur en 2017. Il a été réalisé par le Suédois Ruben Östlund, que plusieurs ont découvert avec l’excellent Force Majeure (qui, en passant, peut être visionné sur la plateforme Netflix en ce moment même, clin d’œil, clin d’œil).

Crédit photo : The Square

Un conservateur de musée navigue à travers des mésaventures professionnelles abracadabrantes et les aléas de sa vie personnelle.

Richesse thématique

Ambitieux par l’impressionnante quantité de thèmes abordés, The Square ne paraît pourtant jamais lourd. Peut-être que la dégaine humoristique et non-moralisatrice empêche une surcharge cérébrale et ce, malgré le fait que les questionnements sont beaucoup plus importants que les résolutions et les réponses. Östlund nous fait ruminer sur le monde de l’art, les pulsions primaires, les nouvelles technologies, le pouvoir, les mécanismes de défense et j’en passe. La force du film réside dans son approche pince-sans-rire et son caractère profondément ironique.

Crédit photo : The Square

La vision satirique du réalisateur déclenche rires et malaises, et bien souvent à l’unisson. Le réalisateur ne se gêne pas pour se moquer des défauts et des faiblesses de ses personnages, qui eux, ne semblent pas déceler l’humour de leurs situations rocambolesques. On se bidonne à une bonne fréquence (on a même droit à plusieurs gags de type slapstick) et à des moments différents selon le spectateur. Même si la nature du film fait en sorte qu’il risque d’intéresser un public plus intello, les scènes véhiculent tout de même des émotions assez viscérales pour rejoindre un auditoire bien plus large. On ne comprend peut-être pas la réalité des personnages, mais on peut aisément transposer leurs peurs, leurs angoisses et leur exaltation.

Qualité ou défaut?

Le scénario fonctionne, mais certaines scènes semblent agrafées au reste (dont celle de la performance dans un souper chic, l’une des plus intéressantes du film). De plus, le protagoniste tend à être un véhicule plutôt qu’un homme en chair et en os. On se demande ce qu’il désire réellement. Le long métrage de 142 minutes possèdent les défauts de ses qualités, la multitude de sujets abordés et la richesse des propos entraînant par ricochet un éparpillement.

Le verdict : The Square ne réalise pas tout à fait son plein potentiel et ne rejoint pas les hautes attentes qui accompagnent une Palme d’Or, mais demeure une œuvre remarquable, songée et par moment géniale.

8/10.

The Square est présentement à l’affiche à Montréal en version originale (en suédois/anglais/danois) avec sous-titres anglais au Cinéma du Parc et au Cineplex Forum.