The Greatest Showman : Hollywood se donne en spectacle

The Greatest Showman est présentement en salle dans la plupart des cinémas en Montréal en version originale anglaise ou traduit en français.

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Crédit photo : The Greatest Showman
The Greatest Showman : Hollywood se donne en spectacle

Critique de The Greatest Showman

Pour clore 2017 dans la joie et l’allégresse, Michael Gracey nous présente The Greatest Showman qui s’inspire de la vie de l’entrepreneur de spectacle P.T. Barnum et de la création de son célèbre cirque.

Grâce au succès commercial et critique de La La Land l’an dernier à pareille date, les maisons de production d’Hollywood entrouvriront peut-être un peu plus les portes à ce genre de films musicaux. Afin de conserver une recette gagnante, c’est au duo Pasek and Paul qu’on a confié la tâche d’écrire les paroles des pièces musicales du film, eux qui viennent tout juste de remporter un Oscar pour la meilleure chanson originale pour City of Stars.

Crédit photo : The Greatest Showman

Il faut applaudir la réalisation confiante de Gracey qui en était à son tout premier long métrage. Le rythme soutenu, les transitions ingénieuses et la cinématographie tape à l’œil enrichissent énormément le spectacle. La plupart des numéros atteignent la cible, certaines chansons devenant même des vers d’oreille.

Sur les épaules de Jackman

The Greatest Showman est un véhicule pour les multiples talents de Hugh Jackman, sans qui le film ne pourrait fonctionner. Débordant de charisme, il se démarque en plus avec ses cordes vocales. Légitimement sensationnel à cet égard, l’Australien n’est pas seulement « un acteur qui sait chanter ». Reléguée à un rôle quasiment secondaire, sa comparse Michelle Williams, qui joue sa femme, mériterait beaucoup plus de temps à l’écran compte tenu de la qualité habituelle de son jeu. Le reste de la distribution plus connue (Zac Efron, Zendaya, Rebecca Furguson) offre des performances honnêtes, sans plus.

Crédit photo : The Greatest Showman

Un scénario de type peinture à numéros

Malheureusement, c’est au niveau de l’intrigue que cela se complique. De l’introduction jusqu’à la scène finale, le récit déçoit par sa totale prévisibilité. Les comédies musicales ne sont certes pas reconnues pour leur originalité à cet égard, mais après un La La Land qui a tout de même osé prendre quelques petites chances, The Greatest Showman effectue un pas en arrière avec une histoire hollywoodienne jusqu’à la moelle.

Autre déception, la représentation des bêtes de foire, ces gens possédant de curieuses caractéristiques physiques, s’avère beaucoup trop propre. Alors qu’un film comme Freaks osait déjà en 1932 utiliser de vraies personnes souffrant de difformités ou d’anomalies physionomiques, celui-ci préfère présenter de beaux monstres (une danseuse avec une perruque blanche d’albinos, un autre avec de fausses cornes…). Aucun de ces personnages n’a vraiment d’importance; ce sont les « jolies » personnes qu’on finit par voir et revoir et qui ont le droit à des histoires d’amour.

On ne passe pas par quatre chemins aussi pour se moquer des critiques artistiques. L’un d’entre eux est dépeint comme une personne vaniteuse, froide et sans humour, un commentaire méta peu subtil, le film se voulant lui-même un divertissement.

The Greatest Showman est une machine bien huilée, réglée au quart de tour, mais, au final, demeure justement… une machine.

5.5/10.

The Greatest Showman est présentement en salle dans la plupart des cinémas en Montréal en version originale anglaise ou traduit en français.