Ce que les taxis de Montréal ne semblent pas vouloir comprendre

Une réforme est de mise.

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Crédit photo: YULorama
Ce que les taxis de Montréal ne semblent pas vouloir comprendre

Ces temps-ci, on entend beaucoup parler de la hargne des chauffeurs de taxis contre Uber, mais ce n’est pas la première fois qu’on les entend hausser la voix. En effet, ils ont rouspété contre Bixi, contre la navette 747, contre les services d’auto-partage comme Car2Go et Auto-Mobile, et récemment c’était contre un des leurs, Téo Taxi, qu’ils criaient à l’injustice!

Une introspection est de mise…

Quand les problèmes reviennent toujours à la faute de tous sauf de soi, il y a peut-être lieu de faire une introspection pour chercher à comprendre réellement. Quand vos clients essaient de vous faire comprendre que votre façon de faire aurait intérêt à être mise à jour, mais qu’au lieu de les écouter vous commencez à crier, disons que ça part mal.

Je n’ai pas de voiture. Je me promène principalement en transport en commun et à pied. Mais parfois, j’ai besoin d’un taxi. Que ce soit pour revenir de l’épicerie avec mes gros sacs, aller dans un coin de la ville dont l’accès est plus difficile, revenir chez moi après une soirée arrosée… Les raisons sont nombreuses pour avoir besoin d’un chauffeur. Cependant, je dois avouer que je ne me rappelle pas la dernière fois que j’ai pris un taxi dit conventionnel (sauf Téo Taxi). En effet, je les évite et ce, par tous les moyens.

Pierre-Luc, qui était avec moi, a pris cette photo de moi qui s'apprête à ouvrir la portière juste avant qu'Amir ne sorte pour me l'ouvrir. D'ailleurs, j'en parle pas dans l'article, mais Pierre-Luc a également été très satisfait du service de Téo Taxi! / YULorama
Même Téo Taxi, un service régi sous le Bureau de Taxi, fait rager les taxis traditionnels… On a un problème, là. Non? / YULorama

Pourtant, ne devrait-on pas être heureux d’avoir un tel service? Un appel, un « Hey Taxi! » en faisant signe de la main ou 2-3 clics sur une app et hop, on a un chauffeur qui arrive et qui est prêt à nous amener à notre destination. Ce serait génial si ce service était accompagné d’une approche-client impeccable et de tarifs abordables, mais ce n’est malheureusement pas le cas.

Bien entendu, il y a des chauffeurs de taxis qui ont encore le service à la clientèle à coeur, mais ils sont une minorité. Demander un taxi aujourd’hui est jouer à la loterie: « Comment va être mon chauffeur? » se demande-t-on avec une certaine angoisse. Je ne calcule plus le nombre de fois où j’ai pris un taxi et que le chauffeur ne m’a pas accueilli d’un simple bonjour, qu’il parlait au téléphone tout le long du trajet, que sa musique était trop forte, qu’il ne m’aidait pas à entrer/sortir mes sacs de sa valise, que sa voiture était et/ou en mauvais état général, que le chauffeur était habillé d’une façon questionnable… Des chauffeurs qui chialent quand on leur dit une destination qui n’est pas assez loin à leur goût ou qui les refusent carrément et des chauffeurs qui gueulent quand on ne leur donne pas de pourboire (pourboire = service impeccable). À force de vivre ce genre de situation, on fini par s’écoeurer.

car2go
Car2Go est un autre « GRAND ENNEMI » des taxis. / YULorama

Donc quand des alternatives arrivent, il est clair qu’on a envie de les tester. Depuis, Uber, les Bixi, le 747 et l’auto-partage ont grandi en popularité au grand dam des taxis. Ils chialent contre les alternatives, mais ne se posent pas la question « Que fait-on de pas correct?« . Au lieu de ça, ils menacent de bloquer les rues pour manifester, faire des mesures de pression auprès de la population… Population dont ils veulent l’appui. N’est-ce pas contre-productif? Je ne connais personne, PERSONNE, qui dit « Ouin… Pauvres chauffeurs, on devrait peut-être les écouter ». Ces crises de bacon à toujours blâmer les autres au lieu de se regarder le nombril ne sont pas une façon d’évoluer.

Et les tarifs sont à réviser.

Prendre le taxi à Montréal ce n’est pas juste jouer à la roulette russe du service à la clientèle, c’est aussi faire fasse à des tarifs élevés. Encore là, on se dit que si le service était impeccable, ça serait un moindre mal que de payer cher, mais ce n’est pas le cas… Du moins, ce ne l’était pas jusqu’à l’arrivée de Téo Taxi. En effet, la nouvelle entreprise a compris ce qui manquait dans le service à la clientèle en prenant ce que les clients d’Uber disent sur le service controversé et en tournant la vis sur certains détails comme l’habillement des chauffeurs et comme quoi ils doivent ouvrir la porte à leurs clients. Mais Téo Taxi est aussi régi par le Bureau de Taxi, donc ses tarifs suivent la réglementation.

Si on veut payer moins cher, on doit se tourner vers les alternatives. Et si la Commission des transports comprenait que parfois y aller avec le volume est la solution? Au lieu de charger 3,45$ au départ et 1,70$ du kilomètre, pourquoi ne chargent-ils pas moins cher afin d’encourager les gens à le prendre plus souvent? Quand on dit que faire UN kilomètre  coûte plus de 5,00$… C’est décourageant.

taxi atlanta
Des tarifs moins chers et surtout, des zones tarifaires claires à Atlanta. Source: AtlantaCheckerCab.com

L’an dernier, je suis allée à Atlanta et j’y ai pris le taxi à quelques reprises. J’ai été agréablement surprise de constater qu’ils y avaient des zones avec des tarifs fixes. Du centre-ville à Buckethead, peu importe les rues incluses dans ces zones: 8,00$. De Midtown à Buckhead? 8,00$. De Midtown au centre-ville? 8,00$. À Montréal? On a juste un tarif fixe et c’est de l’aéroport au centre-ville (40,00$). Pourquoi n’a-t-on pas des zones à tarifs fixes? Disons, Ville-Marie, Verdun, Sud-Ouest, Plateau Mont-Royal pour commencer. 10,00$ max pour passer d’une zone à une autre. Si votre déplacement dépasse le montant maximal de la zone, vous payez le montant fixe de la zone. Ce maximum garanti aiderait sans aucun doute à encourager les gens à prendre le taxi plus souvent… Surtout quand on pense aux problèmes fréquents de construction ou les ridicules sens-unique du Plateau. Et prendre le taxi plus souvent ferait en sorte que les chauffeurs soient davantage sur la route et non pas en file en lisant le journal ou en jasant entre eux en attendant qu’un client se présente (voir photo bannière).

Une réforme est due

Ce n’est donc pas en chialant contre les alternatives que les taxis de Montréal vont s’attirer la sympathie du public. Si les gens utilisent Uber, c’est parce que c’est moins cher et que le service est courtois. Si les gens utilisent Téo Taxi, c’est pour le service à la clientèle. Si les gens utilisent l’auto-partage, c’est souvent parce que ça revient encore moins cher que le taxi. Même chose pour le bus, le métro et Bixi.

Il y a deux choses qui doivent être comprises des chauffeurs et du Bureau de Taxi: Réviser vos tarifs et améliorer votre approche-client. La journée ou ces deux trucs fondamentaux seront compris et mis en place, j’irai me rasseoir dans un taxi conventionnel. En attendant, je continuerai de les éviter.