Révolution au Musée des Beaux-Arts de Montréal

Revivez la frénésie de la fin des années '60 !

Crédit photo: YULorama
Révolution au Musée des Beaux-Arts de Montréal

En ce jubilée d’Expo 67, le Musée des Beaux-Arts de Montréal a décidé de fêter cet événement en consacrant son exposition estivale principale de 2017 sur la fin des années ’60. Celle-ci nous provient directement du Victoria and Albert Museum de Londres et elle y est présentée en grande première nord-américaine.

L’exposition

Révolution tire son nom bien sûr de la célèbre chanson du même nom des Beatles, mais fait aussi échos aux nombreuses révolutions qui ont eu lieu au courant de la fin des années 60. Si Montréal et le Québec ont connu leur tournant avec l’exposition universelle de 1967, partout dans le monde ça bouillonnait, dans le but d’avoir un monde meilleur. C’est d’ailleurs sur ces bases que sont partie le Victoria and Albert Museum lorsqu’ils ont créé leur exposition, en parlant entre autres des changements sociaux qui se bousculaient aux États-Unis et en France entre autres, mais aussi des changements au niveau de la mode, des mœurs, des technologies et de l’écologie.

Chaque galerie de l’exposition est divisée selon plusieurs thèmes : la contre-culture, swinging London, dissidence, les festivals, la consommation et les communes, l’environnement et l’informatique.

 

Quelques objets iconiques des années ’60. Crédit photo: YULorama

La force de cette exposition est sans aucun doute l’aspect immersif qui y a été apporté en fournissant aux visiteurs des écouteurs dans lesquels joueront tout au long de la visite des bandes sonores qui ne viennent qu’appuyer les artefacts et œuvres d’art qui leurs sont présentés. Ainsi, au cours de votre déambulation dans les galeries du musée, il résonnera dans vos oreilles des chansons des Beatles, des Beach Boys, de David Bowie, de Bob Dylan et plusieurs autres.

Hommage à Woodstock

La galerie la plus impressionnante de l’exposition Revolution est sans contredit celle réservée à commémorer Woodstock. Dès que vous traverserez les rideaux pour vous rendre dans cette salle, vous serez envahit par l’atmosphère « flower power » qui y règne, avec son plancher en gazon synthétique, la batterie de The Who, mais surtout les images qu’on nous présente sur écran géant où l’on peut revoir les meilleurs moments de festival de musique maintenant devenu mythique.

 

La salle Woodstock est un des clous de l’exposition Révolution. Crédit Photo: YULorama

Exposition adaptée au public montréalais

Puisque la présentation de cette exposition s’inscrit dans la lignée des festivités officielles du 375e anniversaire de Montréal, il était normal de voir le Musée des Beaux-Arts adapte légèrement l’exposition du Victoria and Albert Museum en y incorporant plusieurs oeuvres et documents audiovisuels qui illustrent bien le Québec des années 60.

Ainsi, dans les bandes sonores de l’exposition se sont glissés des succès souvenirs de Robert Charlebois, Stéphane Venne ou encore Jean-Pierre Ferland. Une salle a aussi été consacrée à l’Osstidcho, le fameux spectacle dans lequel on retrouvait Yvon Deschamps, Robert Charlebois, Louise Forestier et Mouffe. C’était un spectacle qui se composait de chansons, d’improvisation et d’humour.

 

Le poème Speak White de Michèle Lalonde. Crédit photo: YULorama

Dans la section sur les mouvements politiques et sociaux, on y trouve des images d’archives de la crise d’octobre de 1970. Dans cette même section, vous pourrez même y trouver une copie du poème Speak White de Michèle Lalonde.

Évidemment dans la section sur la consommation, vous y trouverez quelques archives d’Expo 67, mais aussi quelques publicités qui marquèrent l’imaginaire collectif de la fin des années 60, entre autres quelques publicités de bières.

Pour la partie plus montréalaise de l’exposition, le musée a aussi fait appel à l’organisme Fusion Jeunesse, qui a mandaté 10 jeunes de l’école secondaire James Lyng à les aider à trouver des oeuvres pour compléter l’exposition. Ceux-ci ont pu en apprendre plus sur la conception d’une exposition et ainsi choisir 20 oeuvres dans la collection du MBAM afin de les intégrer à l’exposition Révolution.

Mes impressions

J’attendais cette exposition avec impatience et je n’ai pas été déçue. Déjà le trajet pour ce rendre au musée, lorsque l’on marche sur la rue Sherbrooke Ouest et qu’on passe à côté de toutes les œuvres d’art de la Ballade de la paix, c’est une sorte de mise en bouche à ce qui nous attend à l’intérieur du pavillon Michal et Renata Hornstein. Lorsque l’on monte les immenses escaliers, avec l’audioguide sur les oreilles et que le son de la musique augmente au fils des pas qui nous séparent du haut de l’escalier rendent la chose presque cinématographique. En fait, tout au long de l’exposition j’avais l’impression de vivre ma vie dans un cinémascope avec la parfaite musique à tous les parfaits moments, c’était fantastique.

Oeuvre d’Alexander Calder exposée dans la Ballade de la paix. Crédit Photo: YULorma

J’ai été fascinée par certains morceaux de la collection, entre autres certains costumes de John Lennon. Voir un costume de l’album Sergent Pepper c’est un peu comme voir le St-Graal de la musique pop. La salle consacrée à Woodstock m’a complètement charmé avec son gazon intérieur et la liberté qui en émanait. Combien de fois va-t-on s’asseoir directement sur le sol dans un musée d’arts conventionnels ? Il se peut aussi que par moment vous vous mettiez à danser ou fredonner durant l’exposition, ça fait partie des effets secondaires tout à fait normal de cette exposition.

Costume porté par John Lennon pour la couverture de l’album Sergent Pepper des Beatles. Crédit Photo: YULorama

J’ai trouvé cette exposition très accessible et grand public. Tout le monde saura y trouver son compte dans cette exposition qui est pratiquement une sorte de brèche spatio-temporelle sur les années 60. Avec la présentation en simultanés de différents objets : vêtements, album de musique, photographie, textes, musique, d’installations artistiques ; cette exposition nous rappelle que l’art avec un grand A se retrouve partout sous différente facette. Après toutes les années 60, c’était un peu ça, l’explosion des conventions et la démocratisation de plusieurs choses.

Cette exposition nous fait rendre compte que bien que les années 60 ne sont pas si loin derrière nous, il a pourtant eu beaucoup de chemin parcouru depuis tout ce temps et que ces révolutions ont nonobstant changé notre monde pour le mieux.

Je suis sortie de l’exposition le sourire fendue jusqu’aux oreilles, des musiques pleins la tête et le désir ardent de revenir bien vite revoir l’exposition.

Revolution est à l’affiche au Musée des Beaux-Arts de Montréal du 17 juin au 9 octobre 2017.

Comme elle fait partie des célébrations officielles entourant le jubilée de l’Expo 67, les détenteurs du Passeport Souvenir pourront y avoir une étampe spéciale.

Un catalogue sur l’exposition, ainsi que la bande sonore de celle-ci sont en vente à la boutique du musée. Plusieurs conférences et activités connexes à l’exposition Révolution auront lieux tout au courant de l’été.

Pour plus d’informations : https://www.mbam.qc.ca/

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Marie-Soleil est surtout reconnue pour son rire légendaire et sa plume sur l’humour ; par contre, peu de gens savent que son 2e amour est la ville, en particulier Montréal. Elle aime raconter à qui veut bien l’entendre qu'elle est tombée en amour avec sa ville à l’été de 1992. Au travers ses billets pour YULorama, elle espère vous transmettre sa passion pour Montréal, pour que vous aussi vous en veniez à trouver le stade olympique magnifique, que vous lisiez Michel Tremblay comme des cartes postales temporelles sur la ville et que vos trajets d’autobus deviennent exploration urbaine.

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