Pourquoi je n’ai pas de voiture à Montréal

Et pourquoi parfois je voudrais en avoir une.

STM - Azur en station
Photo : STM
Pourquoi je n’ai pas de voiture à Montréal

J’ai 27 ans. J’ai toujours vécu, étudié et travaillé à Montréal. La moitié de ma vie s’est faite dans des quartiers centraux. L’autre moitié … j’étais un peu loin de tout. Pourtant, les gens s’étonnent lorsqu’ils me voient arriver au bureau ou à un rendez-vous en transport en commun. En fait, plusieurs tentent depuis des années de me convaincre de faire l’acquisition d’une voiture afin d’améliorer la qualité et la vitesse de mes déplacements quotidiens.

On ne se le cachera pas, souvent, se déplacer en voiture c’est plus rapide et surtout beaucoup plus confortable. Alors pourquoi m’acharner à utiliser les transports en commun?

Moins de stress

Je suis une personne naturellement stressée pour tout et rien. Emprunter les transports en commun au quotidien, c’est accepter de laisser de côté mon confort personnel pour acheter la paix.
– Ma conscience d’écolo est (un peu) tranquille
– Je n’ai pas à choisir entre acheter de l’essence ou de l’épicerie si j’ai un imprévu d’ordre monétaire
– À long terme, j’économise pas mal d’argent
– Je n’ai pas à rester attentive au comportement dangereux des autres automobilistes, des piétons, et des cyclistes
– Je ne crains pas de tomber en panne ou de subir un bris mécanique
– Je n’ai pas besoin de pelleter, déblayer, ou déglacer en hiver
– Je n’ai pas de problème de stationnement chez moi ou quand je sors
– Je n’ai pas à payer un prix exorbitant pour me stationner au centre-ville
– Je peux me permettre de boire
– Si j’ai besoin de faire une longue distance, je peux louer à court terme, faire du covoiturage, ou prendre un Téo taxi
– Sinon, les réseaux d’autobus et de train sont assez étendus pour permettre aussi de faire de longues distances
– Je peux investir le temps passé dans les transports en commun à méditer, lire un livre et les nouvelles, ou avancer des projets personnels

Lecture dans le métro
Photo : Ourit Ben-Haim

Mais ce n’est pas assez

Évidemment rien n’est (encore) parfait dans la vie. Les transports en commun ont leurs désavantages et limitations.
– Parfois ça pue et c’est sale
– Les temps de déplacement en-dehors des quartiers centraux sont terriblement longs
– C’est pas mal plus compliqué pour effectuer des achats chez Costco ou chez IKEA
– En fait, c’est pas mal compliqué de transporter quoi que ce soit de lourd ou volumineux
– Je ne peux pas y transporter un animal qui n’est pas dans une cage fermée
– Je finis par être la personne qui ne peut pas rendre de service à ses amis
– Si j’ai plusieurs rendez-vous dans une journée la moitié de celle-ci consiste à me déplacer
– Travailler à Laval, sur la rive Sud ou dans des quartiers excentrés devient un roadtrip quotidien
– Certains endroits sont encore difficilement accessibles en transport en commun
– Je dois subir les désagréments liés aux conditions climatiques
– Je ne suis pas à l’abris des interruptions de service
– Je ne peux pas choisir les gens avec qui j’effectue mes déplacements
– Étant donné que plusieurs autobus et stations de métro ne sont pas universellement accessibles, je me considère très privilégiée d’être en bonne santé, de ne pas avoir d’handicap, et de ne pas avoir à voyager avec des enfants.

STM - Autobus en hiver
Photo : Jacques Lebleu

Encore du chemin à faire

J’assume pleinement mon choix de ne pas acquérir de voiture. Pour plusieurs, il s’agit du seul transport qu’ils peuvent se permettre d’emprunter. Soit parce qu’ils n’ont pas de permis de conduire, soit parce que leur état de santé ne leur permet pas de se trouver derrière un volant, ou tout simplement parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter ou de louer un véhicule.

Pour d’autres, les transports en commun sont une option qu’ils n’envisagent pas du tout. Manque d’efficacité, de rapidité, d’accessibilité, ou tout simplement parce qu’ils ne veulent pas sacrifier leur confort au profit de l’économie d’argent ou de la protection de l’environnement.

Pour cela, je suis capable de comprendre. Dans un monde idéal, Montréal et sa région métropolitaine se doteraient d’un réseau de transport en commun rapide, efficace, accessible, sécuritaire, et confortable. En effet, dans un contexte où les différents réseaux de transport en commun veulent se positionner comme une alternative compétitive à la voiture individuelle, il y a encore beaucoup d’améliorations à y apporter pour convaincre les adeptes de l’automobile d’adopter ces modes de transports. Comme des autobus qui ne passent pas que six fois dans une journée pour se rendra aux extrémités ouest ou est de l’île. Ou encore des stations de métro et des autobus 100% accessibles aux personnes à mobilité réduite, ayant des limitations, ou voyageant avec des enfants. Des corridors et des terminus d’autobus propres, sécuritaires, et chauffés en hiver. Une tarification intégrée qui permettrait de prendre l’autobus à Laval et à Longueuil sans avoir à payer une huitième fois. Un service qui ne serait pas interrompu car un chauffeur malade n’a pu être remplacé par un collègue.

Mes voeux pour les transports en commun sont nombreux. Tout de même, je continue de croire en notre réseau. N’oublions pas qu’en 2010, la STM remporta le prix de la meileure société de transport en Amérique du Nord, décerné par l’American Public Transportation Association. Un jour peut-être aurais-je un véhicule. Et encore là je sais que je trouverai une raison pour ne pas en acheter un.

Et vous, êtes-vous plus transports en commun ou véhicule personnel? Et pourquoi?

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