Mulholland Dr. la plus belle énigme du 21e siècle

Mulholland Dr. sera projeté un soir seulement en copie 35mm ce dimanche 10 septembre à 18h30 au Cinéma de Sève (Université Concordia).

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Crédit photo: Mulholland Dr.
Mulholland Dr. la plus belle énigme du 21e siècle

Critique de Mulholland Dr.

Vingt-cinq ans après sa disparition abrupte des ondes, la série culte Twin Peaks ressuscita au mois de mai dernier pour un ultime tour de piste. La troisième saison étant maintenant terminée, les fans de David Lynch, qui ont enfin eu la chance de savourer du nouveau matériel du réalisateur culte pendant une quinzaine de semaines, devront réinventer leur dimanche soir. Fort heureusement, Le Cinéclub de Montréal (aka The Film Society) fera durer le plaisir en présentant Mulholland Dr. sur grand écran ce dimanche.

La description du récit labyrinthique de ce film étant un exercice futile, partons simplement du point de départ : Betty (Naomi Watts), une actrice fraîchement installée à Hollywood, fait la rencontre de Rita, une femme amnésique après un accident de voiture (Laura Harring) et qui croit sa vie en danger. En parallèle, un réalisateur prénommé Adam (Justin Theroux) subit du chantage par des mafieux afin qu’il cède le rôle principal à l’actrice de leur choix.

Même s’il est vrai que plusieurs parcelles de la filmographie de David Lynch ont bouleversé les fondements de l’industrie, force est d’admettre que ce film néo-noir est à la fois un point tournant chez le cinéaste et une œuvre iconoclaste. Regarder Mulholland Dr. pour une première fois, c’est perdre sa virginité de cinéphile. Certes, le cinéma surréaliste de Luis Bunuel ou d’Alejandro Jodorowsky peut provoquer ce genre de sensations, mais le film de Lynch parait comme un réel aboutissement du travail de ses prédécesseurs.

L’arbre et la forêt

Déguisée en thriller psychologique, sa critique d’Hollywood et de son industrie du rêve est bien servie par les sensibilités oniriques qu’on associe souvent à ce réalisateur. Le spectateur se retrouve rapidement ensevelit sous une accumulation de charades. Se perdre dans les méandres de l’intrigue est d’une facilité déconcertante lorsqu’on se met à croire qu’un détail, un objet, une phrase pourrait déboucher sur une ligne d’interprétation. Au final, c’est l’arbre qui cache la forêt.

Les films de David Lynch requièrent un effort intellectuel et celui-ci ne fait pas exception. Or, contrairement à certaines de ses œuvres plus arides, ce long-métrage vient constamment stimuler nos sens et captiver notre attention. Mulholland Dr. est un mystère tapissé d’énigmes où les questions posées s’avèrent plus importantes que les réponses elles-mêmes.

Une porte d’ascenseur… sans ascenseur

Dans son fameux blog Great Movies, le défunt critique Roger Ebert évoquait ceci :

« What I’ve been doing is demonstrating the way « Mulholland Dr. » affects a lot of viewers. They start rehearsing the plot to themselves, hoping that if they retrace their steps they can determine where they are and how they got there. This movie doesn’t work that way. Each step has a way of being like an open elevator door with no elevator inside. »

Se prêtant plus à l’analyse qu’à la critique, Mulholland Dr. est le casse-tête le plus fascinant du 21e siècle.

9.5/10.

Mulholland Dr. sera projeté un soir seulement en version originale anglaise en copie 35mm ce dimanche 10 septembre à 18h30 au Cinéma de Sève (Université Concordia).