Marina, le dernier rose aux joues – Un hommage à la nostalgie

Ces gens qui passent, ces gens qui partent sans qu'on les laisse partir..

marina, le dernier rose aux joues
Crédit photo: Espace La Risée
Marina, le dernier rose aux joues – Un hommage à la nostalgie

Oeuvre de Michèle Magny, mise en scène de Maya Gobeil, le drame prend place pendant la première moitié du vingtième siècle. Marina Tsvetaïeva, poète russe, reprend le train vers Moscou après un long exil.

Débutant dans une ambiance sombre et teintée d’amertume, elle nous ramène au temps de la révolution russe, là où la pauvreté et la privation sont allégées par de fortuites rencontres. Alors que l’injustice et le danger arpentent les rues de la ville, les nuits froides s’adoucissent. Sonethcka et Volodia s’immiscent dans la vie de Marina comme les derniers tisons d’un foyer qui réchauffent l’âme. La nourriture et les privilèges se font rares, mais les mots, eux, ne sont pas rationnés.

Marina, le dernier rose aux joues, c’est par dessus tout un hommage. Un hommage à la poète russe, mais également à la nostalgie, à l’amitié et à l’amour pour l’art des mots et de la poésie. Si Michèle Magny ne se dévoile pas sur scène, la finesse et le contenu de ses dialogues trahissent incontestablement sa dévotion au théâtre.

Anka Rouleau
Crédit photo – Espace la Risée

Les acteurs

Aussi louable que le choix de décor et de costumes, la performance de Anka Rouleau dans le rôle de Marina Tsvetaïeva est d’un naturel remarquable. Cinq minutes à la regarder s’emporter sur scène et j’étais déjà convaincue ; «Rouleau», c’est un front, un nom d’artiste qui doit remplacer Bachkirovska ou Tchesnovski. Donnant l’impression d’être Marina plutôt que de l’interpréter, les transitions entre la colère et la bienveillance sont effectuées avec tant de talent qu’on ne peut que s’y attacher, malgré ses moments d’instabilité.

Marie-Ève Charbonneau, interprétant la jeune et fougueuse Sonethcka, nous offre une performance de loin plus théâtrale et exagérée, parfaitement adaptée à l’exubérance de son personnage. Si j’avais de la difficulté à m’attacher à Sonethcka, Marie-Ève m’a néanmoins charmée, particulièrement lors d’un court extrait relatant la relation entre sa grand-mère et elle. Un moment fort, où le contraste entre l’angélique et le machiavélique ne laisse personne indifférent.

Dans un rôle plus sobre, au visage attachant, Samuel Bleau interprète Volodia, un personnage amenant un équilibre entre les deux tempéraments explosifs de celles avec qui il partage la scène. Malgré son apparition tardive et un texte moins chargé, l’essence de son personnage se traduit de par les expressions faciales lourdes de sens. Les sourires en coin, l’exaspération apparente ou les motions au ralenti, Samuel/Volodia amène une toute autre dimension à la pièce.

Espace la Risée
crédit photo – YULorama

Verdict

Inutile d’être un fervent passionné de théâtre pour apprécier la pièce. Mes expériences se limitant à de gros titres tels que Cyrano ou Roméo et Juliette, j’ai savouré cette première expérience en salle et au budget plus modestes. Dans une intimité qui, selon moi, permet de s’immerger plus facilement dans l’ambiance de l’époque, ce sont deux heures bien investies pour une sortie du vendredi soir. En représentation les 8, 13, 14 et octobre à 20h, les Productions Drôle de Monde vous présente Marina, le dernier rose aux joues au théâtre l’Espace la Risée. Au coût de 20$ le billet, vous pouvez vous procurer le vôtre ici.

Une sortie qui vaut largement la peine de délaisser le confort de son sofa!

Bon spectacle!

Liens utiles :

www.droledemonde.com

www.lavitrine.com

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