Lady Bird: une coccinelle et sa carapace

Lady Bird est présentement à l’affiche en version originale anglaise au Cineplex Forum à Montréal.

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Crédit photo : Lady Bird
Lady Bird: une coccinelle et sa carapace

Critique de Lady Bird

On ne peut pas tous être comme Orson Welles et débuter sa carrière filmique avec un Citizen Kane.

Même pour plusieurs grands réalisateurs, quelques bobines s’avèrent bien souvent nécessaires pour arriver à un résultat probant. Loin de moi l’idée de comparer Lady Bird à l’un des plus grands films de l’histoire, mais le passage derrière l’écran de Greta Gerwig (qu’on a pu connaître en tant que comédienne dans Frances Ha et 20th Century Women) est l’un des plus époustouflants depuis fort longtemps.

Pendant un bref moment, Lady Bird a même détenu un record sur le site de critiques de films Rotten Tomatoes pour le plus grand nombre de critiques positives sans en recevoir une négative (malheureusement, une personne a depuis brisé le sans-faute).

Crédit photo : Lady Bird

Dans cette comédie dramatique de passage à la vie adulte (coming of age movie), une adolescente excentrique qui insiste pour se faire appeler Lady Bird (coccinelle) rêve de quitter son Sacramento natal pour la côte est américaine afin d’étudier dans un collège réputé en arts. Les amitiés, vieilles et nouvelles, les relations familiales, heureuses et houleuses, et bien sûr les amourettes sont évidemment de la partie.

Des personnages attachants et authentiques

On ressent un profond sentiment de familiarité en visionnant Lady Bird, prouvant que l’originalité de la prémisse importe bien peu au final. Malgré le fait que ce type d’histoire a été raconté maintes fois sous diverses variations, le traitement de la cinéaste est une bouffée d’air frais. Le secret gîte dans la construction étoffée des personnages. En effet, en moins de 94 minutes, Gerwig nous fait tomber en amour avec une dizaine d’entre eux. Elle embrasse parfois même le stéréotype, sachant trop bien que le monde réel est peuplé de ces gens qui semblent avoir été inventés pour le cinéma. Parfois, on s’identifie à eux, d’autres fois on les reconnait à travers des gens de notre entourage.

Crédit photo : Lady Bird

Saoirse Ronan attaque le rôle-titre avec aplomb tout en laissant traverser un soupçon de vulnérabilité. Laurie Metcalf, qui joue la mère de Lady Bird, est elle aussi formidable, une performance sans faux pas. Sinon, Timothée Chalamet et Lucas Hedges ne risquent pas de manquer de travail dans les décennies à suivre. La personne responsable de la distribution peut dire mission accomplie puisque tous les acteurs ajoutent leur je-ne-sais-quoi au produit final.

Éventuellement un incontournable?

Malgré la simplicité de son scénario et sa légèreté, Lady Bird possède une charge émotive surprenante. La réalisatrice met en scène cette période tumultueuse de la vie avec véracité, évitant une injuste glorification. Même si le film se situe au début des années 2000, on peut lui retrouver des qualités intemporelles.

En tant que critique, il est parfois difficile de trouver un film qui peut plaire à tous. Lady Bird est un de ces petits bijoux capable de séduire quiconque. Dix ans plus tard, les cinéphiles d’âge adolescent ont maintenant leur version améliorée de Juno. Peut-être un futur classique du genre?

9/10.

Lady Bird est présentement à l’affiche en version originale anglaise au Cineplex Forum à Montréal.