How to disappear completely ou comment l’art s’invite au débat de l’assistance à mourir

Une oeuvre touchante à voir absolument !

how to disappear completely
Photo: The Chop Theatre
How to disappear completely ou comment l’art s’invite au débat de l’assistance à mourir

Quand on m’a proposé d’aller voir How to Disappear Completely (Comment disparaitre complètement), j’ai tout de suite dit oui. Pourquoi? Parce que la mort, tout comme l’amour et la vie, ne devrait pas être un sujet tabou et que ce sujet, qui nous affecte tous ouvre bien souvent la porte à une réflexion constructive.

Photo: The Chop Theatre

How to disappear completely: un hommage d’un fils à sa mère

Itai Erdal, éclairagiste, apprend que sa mère n’a plus que quelques mois à vivre et prend donc le premier vol pour Israël afin d’être à son chevet.

À travers l’éclairage et son récit, assez drôle parfois aussi bizarre que ça puisse paraître vu le contexte, on découvre le personnage coloré de sa mère qui, atteinte d’un cancer des poumons incurable, fume comme-ci il n’y avait pas de lendemain. On observe sa désinvolture du début où à la question de comment te sens-tu? elle avoue ne rien sentir de particulier si ce n’est les symptômes d’une petite grippe.

On découvre également la soeur d’Itai dans toute sa sensibilité qui est, bien entendu, très affectée par la situation. Itai nous invite dans le climat de tension et les petites chamailleries frère-soeur découlant de la maladie de leur mère. Il nous présente son meilleur ami et son beau-père qui demeure dans le déni de l’issue de cette maladie.

Puis, comme-ci il souhaitait repousser l’inévitable, Itai jongle entre le récit, les détails des différents éclairages ainsi que leurs différents impacts sur scène et les interactions avec les spectateurs, il débute même un jeu de devinette des capitales de ce monde avec le public qu’il remporte haut la main!

Mais au fur et à mesure la réalité reprend sa place, nous voyons la maladie évoluer, les extraits vidéo de rires deviennent de longues discussions et réflexions sur la vie particulièrement pour sa mère « nous ne sommes pas supposés sentir notre corps dit-elle, si nous sentons notre corps c’est que quelque chose ne tourne pas rond »…

La désinvolture disparaît peu à peu et la souffrance prend place, c’est à ce moment que la mère d’Itai lui fait une demande difficile, elle souhaite mourir à sa façon. Je vais vous laisser découvrir le scénario de fin par vous-même, mais ce que je peux vous dire, c’est que cette pièce est réellement une belle leçon de vie.

Qu’est-ce que j’en ai pensé?

Itai utilise une puissante narration pour mettre de la lumière sur un sujet qui nous touche tous. Cette pièce aborde des sujets universels tels que l’amour, la vie, la mort et Itai mène le spectateur dans ses différents tableaux de façon majestueuse.

Je suis restée captivée et j’ai été triste pour lui… j’ai adoré ses échanges dans sa langue natale qui pour moi donnait une authenticité supplémentaire à la pièce.

Dans cette œuvre, l’éclairage est un personnage en lui-même, on se rend compte à quel point il peut faire toute une différence, lorsqu’il est froid… lorsqu’il irradie la pièce…ou lorsqu’il n’est plus.

Si vous souhaitez voir une pièce intelligente et bien pensée, je vous recommande d’y aller vous avez jusqu’au 21 mai pour en profiter!

Photo: The Chop Theatre

Pour plus d’informations:

Centre Segal – 5170 Côte-Ste-Catherine