Good time, du bon temps et même un peu plus!

Good Time est présentement à l’affiche à Montréal au Cinéma du Parc et au Cinéplex Forum.

Crédit photo: Good Time
Good time, du bon temps et même un peu plus!

Critique de Good Time

Est-ce qu’une excellente scène finale peut sauver un film ?

C’est la première question que je me suis posée après avoir visionné Good Time des frères Benny et Josh Safdie. Ovationné pendant six minutes au Festival de Cannes et en lice pour la Palme d’or en mai dernier, ce drame ayant comme toile de fond le milieu criminel a certainement sa part d’admirateurs. Montréal avait eu la chance d’accueillir le film en première nord-américaine dans le cadre du Festival international de films Fantasia à la fin du mois de juillet.

Bien que les derniers moments du récit rehaussent énormément le produit final, il serait réducteur de parler de sauvetage, car, après tout, Good Time possède des qualités artistiques qui valent leur pesant d’or. Ceci étant dit, le poids émotionnel du scénario repose sur la merveilleuse conclusion.

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Après une combine ratée, un braqueur de banque (Robert Pattinson) tente par tous les moyens de dénicher 10 000$ afin de payer la caution de son frère souffrant d’un handicap mental et qui s’est retrouvé derrière les barreaux.

Le jeu des acteurs à point

Pour ceux qui doutent du talent de Robert Pattinson, le long métrage des Safdie risque de vous faire changer d’idée. La vedette de la série Twilight se réinvente dans la peau d’un petit criminel de bas-étage à la recherche constante de raccourcis. Habitant son rôle, son jeu présente de belles subtilités.

Mettant également en vedette Jennifer Jason Leigh et Barkhad Abdi (deux nominés récents aux Oscars), les performances sont pour la plupart très solides. Le co-réalisateur Ben Safdie dans le rôle du frère mentalement handicapé vole cependant la vedette, criant de vérité et de vulnérabilité.

Une cadence à perdre haleine

Les péripéties se succèdent avec l’énergie d’un feu roulant. Le protagoniste s’enfonce dans une odyssée nocturne cauchemardesque, rencontrant au passage son lot de personnages extravagants et typés. On dégage un réel plaisir à s’engouffrer dans les quartiers malfamés de New-York. Les surprises sont d’ailleurs nombreuses et chacune d’entre elles altèrent le rythme et la dynamique de l’histoire. Les quiproquos et les malchances se succèdent, redonnant un second souffle à la narration.

Stylistiquement, Good Time est une réussite. Le travail des couleurs et de la lumière se distingue, tout comme le découpage des scènes. Même les crédits d’ouverture deviennent un prétexte pour servir le film. Soulignons également la qualité de la bande originale de Daniel Lopatin (alias Oneohtrix Point Never), d’ailleurs récompensée par Cannes Soundtrack.

Crédit photo: Good Time

Malheureusement, les personnages secondaires manquent cruellement de profondeur, condamnés à n’être que des véhicules pour le protagoniste. Avec l’argent comme dispositif à l’intrigue, les rebondissements viennent enneiger la raison d’être du film, la quête principale s’effaçant presque complètement. Les cinéastes se sont faits emporter par le tourbillon qu’ils ont eux-mêmes perpétré.

Même coupable du péché capital de minceur scénaristique, Good Time reste un film de qualité sur lequel les talentueux frères Safdie pourront s’appuyer pour la suite des choses.

7/10.

Good Time est présentement à l’affiche à Montréal au Cinéma du Parc et au Cinéplex Forum.