FRINGE 2017 : Retour sur la semaine 2 de la Programmation francophone A-Z

Plus d'une trentaine de spectacles francophones cette année au FRINGE !

Le club du trust
Crédit photo: Patrice Tremblay
FRINGE 2017 : Retour sur la semaine 2 de la Programmation francophone A-Z

Nous sommes plusieurs a aller couvrir le Festival St-Ambroise FRINGE de Montréal édition 2017 et nous avons décidé de recueillir sous un même article nos critiques afin d’en faciliter votre lecture. Vous trouverez donc ci-bas nos impressions sur les spectacles vus lors de la deuxième semaine de la programmation francophone A-Z.

trouver l'eau si belle
Crédit photo: Miguel Doucet

Trouver l’eau si belle du Théâtre du Globe Bulle Rouge

Trois nouvelles, trois courtes histoires, trois récits attachants qui tournent autour du thème de la passion. Nous sommes en 1992 et Verdun est le théâtre de ces trois jeunes pas si heureux que ça, mais en qui brûle ardemment l’amour…

Notre première rencontre est avec Éric, un ptit gars bien charmant qui « tombe en amitié passionnelle » avec un garçon prénommé Karl. C’est le début de la première année et dans la cour d’école ils se lient d’amitié (assez torride!). Tout va bien, jusqu’à ce que – coup de théâtre! – Karl est un vampire et Éric rêve d’être un superhéros.

En deuxième partie, une jeune un peu névrosée, qui a tendance a divaguer entre ses gorgées de Slush Puppie bleue. Craquante, pleine d’énergie, la tête débordante d’imagination, ses fantasmes de joueur de hockey et de noyades au Natatorium s’entrechoquent. Que voulez-vous, le grand Pavel – l’idole de la petite – ressemble incroyablement au beau commis de dépanneur Nicolas.

Finalement, une ado frustrée, indignée, bouillonnante de rage et d’amour désespéré et inassouvi – une blondasse a volé l’homme de ses rêves. Elle se vengera, et le fruit qui récoltera sa rage c’est une grande girafe russe.

Excellente pièce, (trop?) courte, écrite par nul autre que Simon Boulerice et mis en scène par Miguel Doucet. Chapeau aux acteurs, parfois presque acrobates, qui insufflent savamment la vie à leurs personnages. On en redemande! Non, sérieusement, c’est à quand la suite? – Stéphanie Alcaraz Robinson

projet police
Crédit photo: Maude Auberson-Lavoie

Projet Police de Projet Police – Université De Montréal

Projet Police est un théâtre documentaire visant à porter la réflexion sur notre rapport à la police. Avec des vrais cas et des vrais témoignages, Projet Police met en scène des situations démontrant la difficulté du métier. Le public est appelé aussi à voter durant certaines situations pour décider si un policier devrait tirer ou pas. C’est vraiment le fun et ça passe trop vite.

À la fin, un 5 minutes est réservé pour discuter, mais j’ai tellement aimé les scènes de Projet Police que j’aurais préféré voir encore une autre scène plutôt qu’un Q&A sur le projet.

Projet Police est vraiment pertinent et on en sort en réfléchissant encore. Rien n’est jamais parfait dans la vie, Projet Police n’en fait pas exception, mais les performances de Gabrielle Hamelin le sont. J’ai envie d’aller voir tous les prochains dans laquelle elle sera. En Denis Coderre qui répond aux journalistes ou en Grant Morrison, le policier qui a tiré sur un passager arrière drogué, elle est exactement à sa place. Allez voir Projet Police. – Pierre-Luc Racine

dans vos silences
Crédit photo: Rafaela Petel Ruiz

Dans vos silences de Les Ébaubis

Dans vos silences raconte l’histoire de quatre personnages complètement différents qui abordent certains sujets qu’on ne touche pas assez dans notre société comme être jeune et prêtre, être atteint de l’Alzheimer, être un homme en peine d’amour ou encore une femme qui vit sa sexualité comme elle l’entend.

Les quatre histoires racontées en storytelling lues devant le public nous accrochent de par la sensibilité des acteurs (même s’il y a quelques petits accrochages à la lecture à certains moment) et de la construction du texte. On fini par tisser des liens avec les personnages et eux en tissent entre eux. On fini par comprendre que leur propre histoire a un impact dans celle des autres et que bien qu’il s’agisse de quatre histoires, dans le fond, c’en est qu’une seule.

C’est beau, tendre. On s’attache. À voir! – Samuel Landry, collaborateur invité

whip
Crédit photo: Martin Lebrun

WHIP du Théâtre de la Trotteuse

Une jeune fille, May. Une jeune fille qui a fui, sa famille, son école, son centre, qui sait. Elle débarque dans la rue, pieds nus. Dans un monde rude et cruel, elle y fait la rencontre d’un homme différent. Un homme tendre, mais dépouillé de sa vie : Whip.

Est-ce qu’une relation avec une fille qui a tout fuit avec un sans-abri est possible? Bien que WHIP ne soit pas une histoire d’amour, cette question se pose lorsque l’on regarde la pièce. Par contre, la réelle question qui est soulevée est par rapport aux différentes classes de notre société et comment la « plèbe » entretient le système sans que personne ne bronche.

Le jeu est doux (particulièrement lors de cette scène de rapprochement maladroite, mais ô combien touchante) et comme le décrit la compagnie elle-même, WHIP se veut être de la poésie visuelle. Avec ce que l’on y voit, on comprend cette description. C’est un peu abstrait, mais bien super bien livré et dirigé. À mettre à vos calendriers ! – Mélissa Charbonneau, collaboratrice invitée

trois ans de service
Crédit photo: Richard Rheal Roy

3 Ans De Service de Théâtre Sans Nombre

Explorant le service à la clientèle, 3 Ans De Service est un mélange de rap, de monologues et autres. À part pour la finale, j’ai trouvé que les textes ne m’ont pas surpris et que la réflexion n’était pas assez poussée. Peut-être parce que j’ai moi-même travaillé avec le public, j’ai l’impression que beaucoup d’aspects de ce métier n’ont pas été exploré. Outre ce point, tout le reste se tient et est conséquent. – Pierre-Luc Racine

vieille fille
Crédit photo: Femme Fatale

Vieille Fille de Femme Fatale

N’étant pas un grand connaisseur de danse, je me suis tout de même lancé et j’ai été voir Vieille Fille afin d’élargir mes horizons. Le court spectacle de 30 minutes m’a touché de par l’expression de l’unique artiste (féminine) sur la scène. Agrémentant le tout, de la musique en direct guidait les pas de danse. Comme une discussion ou un dialogue entre les mouvements et le son. J’ai été charmé. – Pierre-Luc Racine

leau des nuages
Crédit photo: Victor Vargas Villafuerte

L’eau des nuages de Les Productions Lion Casavant

Cette adaptation du texte de Daniel French et produite par Marc-André Casavant est considérée davantage grand public de par son sujet principal: l’amour.  Sous la forme d’un triangle amoureux, c’est une histoire qui pourrait arriver à n’importe qui et c’est pour ça que l’on se reconnaît et qu’on s’attache durant la pièce. Magnifiquement bien jouée, j’ai particulièrement été impressionnée par le jeu extravagant de Daniel Leblanc. Convaincante sur la problématique des relations interpersonnelles, la pièce nous fait réfléchir sans tomber dans la lourdeur. – Samuel Landry, collaborateur invité

le plan astral
Crédit photo: Laurence Hervieux-Gosselin

Le Plan Astral de Une autre compagnie de théâtre

Dix voyant(e)s, quatre protagonistes, une enquête : un docu-théâtre sur la voyance. Une immersion éclatée dans un univers ésotérique, qui met en lumière le narcissisme latent d’une génération à la spiritualité décomplexée. L’avenir est-il tangible ? Jusqu’où la quête de sens devient une quête de soi ?

Une direction sans faille et un texte recherché, on est hypnotisé tout en étant instruit. On se pose des questions, nous sommes humains. Mais a-t-on besoin de savoir toutes ces choses et pourquoi cherche-t-on à les savoir? Le Plan Astral est intrigant et captivant. – Mélissa Charbonneau, collaboratrice invitée

comment le cancer de mon grand-père m'a fait connaitre le disco
Crédit photo: Production disco-fantastique

Comment Le Cancer De Mon Grand-Père M’a Fait Découvrir Le Disco de Production disco-fantastique

Comment Le Cancer De Mon Grand-Père M’a Fait Découvrir Le Disco est une pièce dans laquelle l’interprète raconte comment le cancer de son grand-père lui a fait découvrir le disco. Tantôt en s’adressant à nous, tantôt en reproduisant des scènes, CLCDMGPMFDLD nous amène dans l’univers d’un jeune humoriste en pleine crise existentielle. C’est pas aussi lourd que ça sonne et c’est même sur une touche humoristique. C’est aussi criant de vérité et de véracité. CLCDMGPMFDLD est un bon choix à ajouter dans votre liste de FRINGE! – Pierre-Luc Racine

j'suis jamais malade en été d'habitude
Crédit photo: Mi Casa

J’suis jamais malade en été d’habitude de Mi Casa

C’est seule sur la scène, dans toute sa vulnérabilité que Patricia Rivas raconte son histoire. Lors de l’été de ses 27 ans, sa vie a basculé quand dans son corps des changements importants se sont produits. Ses jambes en boissons gazeuses comme elle le dit elle-même sont le signe d’une terrible maladie: la sclérose en plaques.

Patricia nous parle donc de ce diagnostic et de son expérience à travers ses mots, mais aussi des extraits sonores de deux autres personnes atteintes de la maladie. Sans tomber dans le drame, on sent l’émotion qui est soutenue par une trame musicale. Intéressant et bien délivré. – Samuel Landry, collaborateur invité

miracle au 6950 st-hubert
Crédit photo: Théâtre 109

Miracle au 6950 St-Hubert de Théâtre 109

Un Jingle Bell Rocks à la 50’s joue en boucle sur le seul haut-parleur du restaurant. Il est 23 heures. Le Nickels Saint-Hubert ferme ses portes. Trois étrangers occupent chacun une table. Ils ne partent pas, ils ne se parlent pas. Il neige. Dans une heure, c’est Noël.

D’une situation qui peut sembler bien banale, scène qui doit se passer un peu partout dans le monde et qui touche plusieurs gens seuls à Noël, Miracle au 6950 St-Hubert nous rappelle que le meilleur de l’humain finit toujours par triompher. C’est une belle petite pièce qui fait sourire et qui redonne foi en l’humanité. – Mélissa Charbonneau, collaboratrice invitée

Le club du trust
Crédit photo: Patrice Tremblay

Trust Club – Le Club du Trust de Collectif supérieur

Tout de suite en entrant dans le Théâtre Mainline, j’avais l’impression de revivre un peu Rose.Rabbit.Lie que j’avais vu à Vegas. Une ambiance feutrée, un accueil me faisant sentir important, un danseur. La suite ne sera cependant pas des numéros de cirque, mais bien la soirée caritative du Club du Trust qui nous fait l’honneur d’ouvrir ses portes à nous, public-plèbe qui, selon eux, envie les membres de ce club.

Quand on pense au gratin de la société avec ses soirées privées où le vin coule à flot, où les photographes prennent des photos, où le tapis rouge est de mise et où les M’as-tu-vu se battent pour la reconnaissance et la visibilité, dites-vous que Trust Club c’est tout ça, mais de manière exagérée et vraiment très drôle ! On rit du 1% et ça fait du bien ! On réalise en effet que tout ce cirque est complètement ridicule (et Collectif supérieur le ridiculise délicieusement) et que finalement, ces gens qui nous méprisent sont en fait à plaindre. Superbe interprétation et un jeu parfait ! J’ai adoré ! – Pierre-Luc Racine

la vie c't'une autoroute
Crédit photo: Photo Stock Dossier de presse de l’artiste

La vie c’t’une autoroute de Les 3 Sombreros

Suite à une rupture qu’il ne prend pas, Francis décide de partir en roadtrip afin de se rendre à Disney pour prendre une photo avec la Petite Sirène et l’offrir à celle qu’il aime afin de lui prouver qu’il est prêt à tout pour elle.

L’amour, aussi fort qu’il soit, fini par prendre différente forme. Prendre la route nous mène vers des chemins jusqu’alors inexplorés et c’est une découverte ce qui peut arriver. La vie c’t’une autoroute a le mérite d’être claire dans son approche et son interprétation. C’est franc, concis et divertissant. – Samuel Landry, collaborateur invité

numéro 3
Crédit photo: Justine Ashby

Numéro 3 de Théâtre La Secousse

Numéro 3 se passe dans le futur, en 2040 pour être exact. On est au Québec et une nouvelle loi vient d’être votée: Si des parents donnent leur bébé à un hôpital, ils peuvent ensuite choisir un nouvel enfant au choix, âgé entre 0 et 17 ans.

On se questionne beaucoup et autant on peut être choqué que triste, on constate de par cette pièce les conséquences que pourrait avoir une telle loi. Pourquoi avoir pensé à ça de la part du Théâtre La Secousse? Aucune idée, mais avec notre problématique de société vieillissante et de politique constante du Québec de demain, il n’est pas farfelu de croire que de tels concepts pourraient exister.

On vit une gamme d’émotions en regardant Numéro 3. La tragi-comédie vient chercher et fait réfléchir. – Samuel Landry, collaborateur invité

tudor mile end
Crédit photo: Jules Bédard

Tudor Mile End de L’Ecchymose

Les trois jeunes femmes s’avancent. Elles sont assurées, ô combien stylées. Leurs lunettes sont énormes, leurs souliers plateformes aussi. Leurs têtes sont pleines, c’est peut-être les bruits de la ville de Montréal. Ce sont des reines. Elles sont devant une armée et cherchent leur discours.

« Typiquement Mile-End et bon titre » est la première chose qui vient en tête quand on voit les femmes monter sur la scène. Mais la pièce qui se veut être une courte lecture dynamique va plus loin que les apparences. Cette course à vouloir se dissocier des autres, être unique est une énorme pression qui fini par être invivable. La lecture des actrices est franche, émotionnelle, vraie. On y croit. On se demande si elles ne font pas simplement que raconter leur propre histoire de par le naturel des mots qui sortent de leur bouche. – Mélissa Charbonneau, collaboratrice invitée

un printemps s'est perdu dans la mer
Crédit photo: Dominique Landry

Un printemps s’est perdu dans la mer de Production Jardins Sauvages

Une petite fille, une adulte, une endeuillée, un docteur, une seule femme sur la scène qui campe autant de personnage avec brio. Un thème : la mort. Ouvertement, sans détour, une production Jardins Sauvages très touchante, qui remue.

On suit la comédienne dans tous ses personnages, dans tous les points de vue qu’ils offrent sur la mort, et ultimement sur la vie. Un sujet sombre, mais offert dans la lumière, dans l’espoir. Une belle réflexion, un tourbillon d’émotions. – Stéphanie Alcaraz Robinson

tout craché
Crédit photo: T3

Tout craché de T3

Une tragique comédie, un drame comique, une histoire qui ne finit pas si bien. On ne sait pas si on rit ou si on pleure, mais une chose est sûre, ça vient nous chercher.

Facque, c’est l’histoire d’un homme – l’excellent comédien Michel Laperrière – qui a trois gars. Jusqu’ici ca va bien. Sauf que les trois gars sont nés de trois femmes différentes. Chaque année, ils se retrouvent au chalet, cette fois-ci pour réparer le toit, alors qu’ils sont visiblement pas très compétents pour la job. Pendant la fin de semaine, on se rend compte qu’il n’y a pas juste le toit qui doit être réparé…

Le père est un homme simple, qui prends parfois des détours pour montrer à ses gars qu’il les aiment – égal à part ça. Un homme qui n’a pas toujours les pieds sur la terre et ne se rends pas compte des conséquences de ses gestes. Ses trois gars sont tous très différents, mais vivent tous une relation amour-haine avec leur père. À voir absolument, c’est mon coup de cœur du Fringe. – Stéphanie Alcaraz Robinson

to do list
Crédit photo: Marie-Andrée Lemire

To Do List de Tsunami Théâtre

J’ai 36 ans, la quarantaine approchant tranquillement, je me suis bidonnée dans cette présentation. J’y ai rencontré Martin, qui aura très bientôt 40 ans. Martin fait le décompte de sa vie, réfléchit sur les états des quarante dernières années. Sur sa to do list : l’amour, la famille, l’amitié, la carrière et les bébés…

Dynamique, attachant, explosif, ces mots décrivent bien Martin. Sa vie n’est pas rose, mais la nôtre non plus. C’est un superbe hymne à la vie. La morale de l’histoire de la vie, selon Martin? Pas besoin d’attendre la crise de la quarantaine. « Le moment est toujours bon pour reprendre sa vie en main. » Amen, Martin. Amen. En passant, To Do List est en nomination dans la catégorie meilleure production francophone pour les prix FRANKIE. – Stéphanie Alcaraz Robinson

la ferme des animaux
Crédit photo: POURQUOI PAS !

La Ferme des animaux de POURQUOI PAS !

Sûrement mon livre préféré au secondaire, cette production est en nomination aux prix FRANKIE pour la meilleure production francophone. Costumes, masques, décors… La compagnie POURQUOI PAS! mérite amplement la nomination.

Dans un monde nouveau, de l’après-rébellion, là où tous les animaux sont égaux, on se rend compte que finalement, certains animaux sont plus égaux que d’autres, et que le monde nouveau, c’est pas si nouveau que ça. Wow, c’est sûrement le discours le plus réducteur du texte de George Orwell, mais c’est pas du livre que je vous parle, mais du spectacle. Le spectacle est un succès assuré.

Allez-y, c’est une production vivante qu’il ne faut pas rater! – Stéphanie Alcaraz Robinson

invitro
Crédit photo: Yann Ostiguy

inVitro (ou comment ne pas faire de bébé) de Pretium Doloris

Sous forme d’un monologue ponctué d’images projetées en support de son récit, Véronick Raymond nous relate tantôt avec humour, tantôt avec autodérision, tantôt avec beaucoup d’émotion, les tribulations par lesquelles elle a dû passer dès l’instant où elle a décidé de concevoir un bébé.

Pendant 90 minutes, elle nous retrace son parcours du combattant : ses innombrables visites chez le gynéco, la facture faramineuse des différents traitements, ses doutes, ses recherches sur le sujet, les inepties du Ministère de la santé face aux patients souffrant (car oui, il y a beaucoup de souffrance dans tout ce processus) d’infertilité, ses fausses couches, ses défaites et ses petites victoires.

Très vite, les spectateurs réagissent et s’éprennent de son histoire … de cette femme combative qui ne connaîtra peut-être jamais la finalité de son choix d’être mère. – Cindy Dormoy

il n'y en aura pas pour tout le monde
Crédit photo: Stanislas Élie

Il y en aura pas pour tout le monde de Théâtre du XXIIième siècle

Si je devais rebaptiser cette pièce, je l’intitulerais ainsi « le jour où mon époux fit son coming-out… politique », pourquoi ?

Parce que cette satire théâtrale nous relate l’histoire de trois protagonistes évoluant dans l’univers de la haute société qui en apparence semblent avoir tout pour être heureux. Sauf, qu’en grattant un peu ces peintures de façade on se rend compte que tout n’est pas si joyeux et rose dans le monde des nantis.

Ainsi, quand une voisine qui baigne dans le luxe depuis sa tendre enfance, croise le chemin d’un communiste refoulé et de sa femme excentrique, ça nous donne un spectacle drôle, pétillant et brillant. J’ai adoré la mise en scène, les comédiens Marc Auger, Catherine Hughes et Sophie Martin sont excellentissimes, vraiment un de mes coups de cœur du festival. – Cindy Dormoy

les créanciers
Crédit photo: Antonin Godfryd

Les Créanciers de La Troupe des îles du vent Moorea

Adapté d’une pièce d’August Strindberg datant de 1889, Les Créanciers, spectacle très attendu de cette édition du Festival Fringe est une version moderne et indémodable du triangle amoureux.

La trame de l’histoire est assez simple, Adolf (Julien Rousseaux), est éperdument amoureux de sa nouvelle épouse, Tekla (Maroussia Henrich), une romancière à succès. Ces derniers traversent une mauvaise passe et c’est à ce moment que s’immisce, Gustave (Benjamin Lhommas), ancien compagnon de cette dernière, qui plein de rancœur, profite de cette faille pour s’immiscer dans leur vie de couple. Tous les ingrédients sont alors réunis pour que cette histoire se termine en tragédie.

Pour ma part, j’ai beaucoup aimé cette version moderne et volcanique de ce classique, que j’ai trouvé très sexy, intelligent et cohérent, d’ailleurs les multiples distinctions reçues par cette pièce le confirment (Coup de cœur des Molières 2016, Grand Succès du Festival d’Avignon 2016, 1er prix du Festival de théâtre francophone de Hong Kong, etc.), ce fut vraiment l’un de mes moments phare du Festival! – Cindy Dormoy

possiblement théâtre
Crédit photo: Louis Longpré

B3 : Syl-lo-go-ma-ni-e/a de Possiblement Théâtre

BoKa et Mazy, deux clowns, nous proposent ici un excellent spectacle en langue franglaise ayant pour thème la syllogomanie, mais qu’est-ce que c’est que ce mot ?
La syllogomanie est une maladie compulsive d’accumulation d’objets.

Ainsi tout au long du spectacle, les deux clowns doivent apprendre à cohabiter avec le spectre de cette maladie mais pour le bonheur des spectateurs cela donne lieu à des scènes assez loufoques. Les spectateurs participent… à leurs corvées ménagères et apprécient ! Oui, ces clowns savent nous mettre au travail avec le sourire ! Toutefois à deux reprises du spectacle, ils savent tout de même prendre un ton beaucoup plus sérieux pour nous apporter leurs perspectives et expériences respectives sur cette maladie.

Les comédiens de la troupe Possiblement Théâtre sont vraiment excellents, j’ai beaucoup ri et hormis le fait d’en avoir beaucoup appris sur cette maladie compulsive que je ne connaissais pas, j’ai adoré les insertions de franglais dans le spectacle, j’ai trouvé ça tellement rafraichissant et contemporain… Mention très bien pour ce spectacle que j’ai adoré et qui est mon favori de cette édition du Festival Fringe! – Cindy Dormoy

Johanne Gour Danse
Crédit photo: Philippe Gagné-Gauthier

L’imprévisible forme des corps aux lendemains de la vie de Johanne Gour Danse

L’imprévisible forme des corps aux lendemains de la vie est un spectacle de danse contemporaine de 45 minutes au cours duquel, huit danseurs évoluent à travers divers tableaux censés représenter la mécanique du corps. Ces différents tableaux ou différentes scènes sont ponctués de musique classique, tel du Beethoven, et même de musique beaucoup plus urbaine, tel du rap du chanteur Desiigner, à quelques moments nous avons également eu droit à des « chants lyriques » en live.

En toute honnêteté, je n’ai jamais réussi à adhérer à ce que j’ai perçu comme un tableau chaotique partant dans tous les sens et finalement n’allant nulle part, les timides applaudissements de la fin ont d’ailleurs confirmé mon sentiment. Je souligne tout de même l’endurance des danseurs qui se sont donnés à fond tout au long du spectacle, une prestation admirable. – Cindy Dormoy

le petit prince selon machiavel
Crédit photo: Laurent Castellucci

Le Petit Prince selon Machiavel

Est-ce possible de mélanger l’histoire innocente de Le Petit Prince de Saint-Exupéry et le dérangeant Le Prince de Nicolas Machiavel ? Semblerait que oui, car c’est ce que Capricornucopia nous propose avec Le Petit Prince selon Machiavel.

En fait, les textes adaptés et mis ensemble par Charles Roburn et mis en scène par Mireck Metelski avaient déjà été présentés lors d’un précédent FRINGE (en anglais), mais cette année fut la première fois que je le voyais et j’ai été agréablement surpris ! Malgré le décor minimaliste, le jeu des acteurs est d’une finesse sans reproche. C’est captivant et on ne s’y ennui en aucun temps. Je recommande fortement ! – Pierre-Luc Racine