Rencontre avec l’artiste électro-pop Chanda M

Quand les contraires s'attirent...

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Crédit photo: YULorama
Rencontre avec l’artiste électro-pop Chanda M

C’est lors d’un superbe après-midi ensoleillé que j’ai rencontré la mystérieuse Chanda M, artiste pop aux influences jazz, françaises, allemandes et indiennes au Café Aunja. Son premier album, Icons of Dreams, sera disponible dès la mi-novembre et le simple Ghostwriter qui sort cette semaine ouvre la porte au public à cette création musicale. Rencontre avec une jeune femme passionnée par les paradoxes de la vie.

YULorama : Tu sembles venir d’un peu partout! Tu es née dans le nord du Québec (à Sept-Îles), ta mère est Allemande et ton père vient de l’Inde de l’Est. En quoi toutes ces racines différentes t’ont inspirée dans ton art?

Chanda M : Ça m’a aidé à avoir des perspectives différentes. Par exemple, dans la musique et la poésie que j’écris, je conte des histoires et j’explore les motivations humaines, ce que les gens cherchent dans la vie. Que ce soit l’amour, une connexion spirituelle, leur raison d’être, chaque personne a une vue différente selon sa propre expérience de vie. Alors ces différentes racines m’ont permises d’avoir une grande ouverture d’esprit parce qu’on parle ici de cultures tellement différentes les unes des autres. Étant aussi une anglophone qui a grandi dans un milieu francophone, ça aussi ç’a eu un impact en plus de l’expérience autochtone qui nous entourait. Tout ça m’a aussi rendue très empathique face aux autres. Les traditions allemandes comme le Cabaret Berlin m’ont également beaucoup influencé de même que la musique de l’Inde de par mes parents. Un peu de l’ouest, un peu de l’est… Oh! Et la chanson française classique, les Jacques Brel, Charles Aznavour et Édith Piaf de ce monde ont également joué un rôle dans l’influence que j’ai eu.

Avec toutes ces influences, à quoi peut-on s’attendre lors de la première écoute d’Icons of Dreams?

On peut s’attendre à un album où chaque chanson explore la recherche d’un idéal. Peu importe le genre d’idéal, que ce soit l’amour, la spiritualité… Voire même trouver une connexion avec nous-mêmes à savoir qui nous sommes réellement. Les situations sont différentes d’une chanson à l’autre bien que l’on parle de thème universel. Le simple Ghostwriter est à propos de la vie urbaine alors que bien que l’on soit très entouré, on peut se sentir déconnecté du monde avec lequel dans le fond on aimerait être connecté. Donc, une façon de retrouver ça est parfois par les communautés en ligne… J’ai aussi une autre chanson, Love and War, écrite au début de la crise en Syrie. J’y parle d’un couple qui veut quitter cet endroit et qui se réfugie dans l’amour que les deux amants ont l’un pour l’autre afin de se donner la force de continuer.

On parle beaucoup d’opposés qui se rencontrent. L’amour versus la guerre, l’ouest versus l’est, être seul versus être connecté aux autres.

Oui, c’est comme ça que j’ai été élevée, ça fait partie de moi. Je viens d’un background scientifique, j’ai travaillé en recherche et technologies, mais en même temps mon côté artistique et spirituel (j’enseigne le yoga)… Je travaille beaucoup avec les opposés.

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Crédit photo: YULorama

Dirais-tu que tu retrouves un équilibre dans les opposés?

Oui, c’est ça. Ça va aussi dans l’opposé du futur et du passé. Les gens cherchent un idéal dans le futur pour pallier à un manque dans le passé. Avec ma musique, j’ai décidé d’être quand même fidèle à mes racines, restant nostalgique face à mon passé tout en étant moderne et en harmonie avec les sons d’aujourd’hui.

Tu as aussi une formation en jazz, tu as joué dans des endroits ici qui sont pratiquement mythiques en ce qui concerne cette musique comme le House of Jazz, le Upstairs Bar & Grill et tu as même joué dans le cadre du Festival Just for Laugh… Comment décrirais-tu le public montréalais?

Les gens ici sont vraiment passionnés par l’art et la culture! Ils sont toujours à quelque chose de nouveau. Les Montréalais sont très chaleureux. Autant au House of Jazz que dans des petits cafés comme ici, la réaction est toujours positive.

Je reviens un peu en arrière. Tu as un background en recherche et technologies en ayant, entre autres, un doctorat en psychologie expérimentale… Encore une fois, on voit un genre d’opposé. Le côté très protocolaire de la recherche versus le côté plus instinctif de l’art. Est-ce que tes années de recherche ont eu un impact sur ta création?

Dans la recherche, il y a aussi de la créativité. Que l’on pense aux différentes hypothèses que l’on peut émettre, la conception d’une expérience. Le quotidien est plus droit, bien évidemment, mais je ne dirais pas qu’il n’y a pas de créativité dans la recherche. Ce qui m’attirait en psychologie c’est l’observation de l’être humain et ses motivations générales. Ça revient donc vraiment à mes racines, à qui je suis. Avec la recherche, l’exploration est d’une façon, avec l’art, cette même exploration trouve des chemins différents, mais au bout du compte le but est le même : comprendre davantage l’humain.

Donc Icons of Dreams se veut être une synthèse de tes observations?

Oui, exactement.

D’ailleurs, parlant de ton approche versus le monde, ton nom, très artistique en passant, Mona Lissa a été changé pour Chanda M pour ce projet. Peux-tu nous en dire plus?

Oui, bien, je m’appelle toujours Mona Lissa! (rires) Mais pour ce projet, j’ai décidé d’utiliser d’inverser mon nom de famille et la première lettre de mon premier prénom. Je voulais faire une différence entre mes projets plus corporatifs ou jazz pour lesquels j’utilise mon nom normalement et ce projet plus créatif de ma part. Le traitement musical est différent alors je voulais que l’ensemble du projet soit aussi différent y compris l’esthétisme, comme pour la vidéo Ghostwriter, et la présentation, le nom que j’utilise.

Parlant d’esthétisme de Ghostwriter. Tu as travaillé avec le réalisateur Alexx Pacifici. Quelle est la vision que tu as voulu transmettre et comment Alexx a réussi à reproduire cette vision que tu avais?

Intéressante question! Je voulais créer le mystère, la solitude et le désespoir que ressent le personnage principal. En même temps, je voulais recréer une atmosphère où toutes les questions ne sont pas répondues. Je voulais que chaque personne qui regarde la vidéo puisse s’imaginer certaines choses par elle-même sans tout lui donner. Je voulais faire réfléchir les gens sur les motivations du personnage principal qui dans le fond transpose ses émotions sur l’objet de son désir, de son obsession. Alexx a regardé le texte et de par son intuition, il a tout de suite compris ce que je voulais amener. Franchement, je n’ai pas eu grand-chose à lui expliquer pour qu’il sache exactement quoi faire pour mettre en image la musique de Ghostwriter. C’est comme s’il avait lu dans mon esprit! Je suis aussi une fan de films noirs, comme Hitchcock. Ceci a aussi aidé Alexx a exploré une piste visuelle d’un genre que j’apprécie.

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Icons of Dreams – Chanda M

Tu as aussi travaillé avec Raphael Rosenwald et Michael Brien. Comment c’était de travailler avec eux pour la réalisation de Icons of Dreams?

Ce qui est intéressant c’est qu’ils ont beaucoup d’expérience avec les trames sonores cinématographiques. Ils ont donc analysé mes chansons comme si c’était un scénario de film. En plus de mes propres idées pour la réalisation, nous en sommes venus à ce mélange particulier. Parfois, ce sont eux qui prenaient l’initiative au niveau de la direction, mais d’autres fois c’était plutôt moi. Ce fut un beau travail d’équipe!

Les influences d’electro ambiant que l’on retrouve sur l’album ne sont pas étrangères aux trames cinématographiques, en effet…

Nos influences de tout un chacun se sont bien complétées ensemble. Les connaissances de Raphael en musique électronique de par le fait aussi qu’il est DJ ont aussi eu un impact sur le résultat final.

Tu performes à plusieurs endroits prochainement, mais avant tout, il va avoir le lancement de ta vidéo Ghostwriter.

Oui, au Cagibi! Je ne performerai pas ce soir-là (le 14 octobre 2016), il s’agira davantage d’une fête où tous êtes invités. Une projection de la vidéo aura lieu à 20h et une autre à 22h. Un de mes bons amis s’occupera de l’animation et de l’ambiance car il sera aussi le DJ de la place.

Par contre, tu vas performer lors du lancement de ton EP, Icons of Dream!

Ça, oui! Le 12 novembre à la Vitrola. Je prévois aussi performer à Ottawa le 19 novembre.

Et après tout ça, as-tu déjà des projets en tête pour la suite?

Oui, bien entendu! J’ai filmé une deuxième vidéo cet été qui est présentement au montage. C’est pour une chanson qui n’est pas sur Icons of Dreams. On peut le considérer comme un B-Side. Il s’agit davantage d’une réflexion sur notre rapport face à la nature, notre planète. On pourrait dire que c’est un appel à l’action concernant le changement climatique, la fragilité de la nature et de notre place dans celle-ci. C’est une chanson très différente et c’est pour ça qu’elle n’est pas sur Icons of Dreams. C’est toujours produit par Raphael Rosenwald et Michael Brien et la vidéo est aussi réalisée par Alexx Pacifici.

C’est prévu pour quand?

Vers mars — avril 2017.

Aussi, j’aimerais faire les festivals d’été car ça donne une superbe visibilité! Performer live le plus possible afin de rencontrer un public diversifié.

Merci Chanda M et bon succès!

Merci!

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