Call Me By Your Name: au nom du désir

Call Me By Your Name est présentement à l’affiche à Montréal en version originale anglaise au Cineplex Forum et en version originale anglaise avec sous-titres français au Cinéma du Parc, au Cinéma Beaubien et au Cineplex Odeon Quartier Latin.

Crédit photo : Call Me By Your Name
Call Me By Your Name: au nom du désir

Critique de Call Me By Your Name

Pour quiconque ne l’ayant pas visionné, la belle percée de Call Me By Your Name pourrait surprendre. Réalisé par Luca Guadagnigo (connu pour A Bigger Splash), ce drame de passage à la vie adulte qui ne met en vedette aucune grosse pointure hollywoodienne aurait très bien pu se perdre dans les craques du divan, surtout à ce temps-ci de l’année où la compétition en salle est féroce. En date du 9 janvier 2018, le film avait déjà récolté près de neuf millions de dollars, soit près de trois fois son budget initial, un succès sans équivoque.

Dans une région de campagne dans le nord de l’Italie au début des années 80, un jeune homme de dix-sept ans prénommé Elio flirte avec Oliver, l’assistant de recherche de son père, dans un séduisant jeu du chat et de la souris.

Comme les personnages, c’est une œuvre qui respire, qui prend son temps, qui nous courtise. La magnifique photographie de la nature, des villages italiens et des visages est un festin pour les yeux. On peut presque sentir le soleil sur notre peau.

Crédit photo : Call Me By Your Name

Une star est née

Timothée Chalamet est possiblement l’une des prochaines étoiles du cinéma. L’acteur de 22 ans démontre toute l’étendue de son registre, alternant entre assurance et vulnérabilité. Sa performance courageuse et à fleur de peau pourrait même lui valoir une statuette dorée au mois de mars. Armie Hammer était un choix judicieux pour assurer la réplique. Le frappant contraste physique entre les deux épris (le grand Américain blond et le jeune Européen frêle aux cheveux bouclés) soulève bien cette idée que le désir naît souvent dans l’antithèse, mais subsiste seulement si les cœurs battent à la même cadence.

Notons aussi la prestation de Michael Stuhlbarg dans le rôle du père d’Elio, qui film après film prouve qu’il est peut-être le secret le mieux gardé de la sphère filmique. Son formidable monologue à la toute fin est livré avec une telle chaleur qu’il pourrait faire fondre toute la neige et nous catapulter directement au printemps.

Crédit photo : Call Me By Your Name

Le rêve comme vaisseau

Le triomphe qu’est Call Me By Your Name n’émane pas seulement du fait que Guadagnino a réussi à universaliser une histoire d’amour et de désir homosexuel (après tout, plusieurs l’ont fait bien avant lui). En dépit de l’opulence matérielle dans laquelle vivent les protagonistes, le spectateur n’est ni distrait ni aliéné par leur excessive prospérité, véritable preuve de l’efficacité du film. En fait, les circonstances quasi trop parfaites et les paysages idylliques accentuent les propriétés oniriques du récit. Si l’on voit le tout comme un « rêve », il est plus facile d’en accepter le caractère paradisiaque, utopique. Après tout, qui n’a pas déjà vécu un amour chimérique une fois dans sa vie?

À voir, il le faut.

9/10.

Call Me By Your Name est présentement à l’affiche à Montréal en version originale anglaise au Cineplex Forum et en version originale anglaise avec sous-titres français au Cinéma du Parc, au Cinéma Beaubien et au Cineplex Odeon Quartier Latin.