A Ghost Story, un fantôme dans de beaux draps!

A Ghost Story est présentement à l’affiche à Montréal au Cinéplex Forum et au Cinéma du Parc.

Crédit photo : A Ghost Story
A Ghost Story, un fantôme dans de beaux draps!

Critique de A Ghost Story

Un film de fantômes sans peur ou épouvante? Sans Demi Moore ou Patrick Swayze? C’est la proposition de David Lowery (au scénario et à la réalisation) et de son drame existentialiste A Ghost Story mettant en vedette Rooney Mara et Casey Affleck.

Comme à l’habitude, je vais m’en tenir au strict minimum en ce qui a trait à l’histoire pour éviter de vendre la mèche. Errant dans une maison de campagne, un fantôme (drap et trous à la place des yeux inclus!) est confronté, au même titre que les personnages avec qui il cohabite, à l’impuissance, à la solitude et au poids des heures et des années.

Décrire A Ghost Story comme un film épuré serait un euphémisme. Les longs silences opaques et les plans de caméra stagnants se succèdent, laissant le spectateur à lui-même, dans ses pensées. Atmosphérique, austère et, disons-le, lente, cette œuvre pourrait être décrite comme un poème prosaïque.

La musique et l’image en symbiose

Visuellement, Lowery en fait énormément avec peu. Filmant beaucoup d’espaces restreints, la composition de ses plans, le cadrage précis, et la jolie palette de couleur froide dévoilent un talent plus qu’évident. La musique joue également un rôle clé, juxtaposée à l’image avec brio. Les moments forts du récit sont tous appuyés par des mélodies ou chansons savamment utilisées.

Crédit photo : A Ghost Story

Bien qu’un filon narratif nous empêche de nous perdre dans le néant, on saute à travers le temps et les époques. Embrayant en seconde vitesse après un départ pesant, on ne pourra pas accuser David Lowery de manquer d’audace. Ce qui semblait être une histoire avec comme principale thématique le deuil débouche sur une médiation sur le temps, la mortalité de l’homme et l’art. Malheureusement, cet éparpillement se fait doublement sentir par le style dépouillé du cinéaste. Il n’y a pas de plus grands défis que de vouloir dire peu tout en faisant comprendre beaucoup. Somme toute, A Ghost Story tente d’être trop de choses à la fois.

Des incongruences difficilement pardonnables

Un film doit suivre les règles intrinsèques qui lui ont été établies. Indiana Jones ne peut sans raison se mettre à adorer les serpents soudainement! À quelques reprises dans A Ghost Story, je me suis interrogé à ce sujet. Par exemple, pourquoi le fantôme ne signale-t-il pas plus clairement sa présence à certains moments névralgiques alors qu’il en est capable? La temporalité est également sujette à divers questionnements. Même en tentant d’accepter que le but de l’exercice n’était pas de se perdre dans ces formalités, cette confusion abîme le produit final.

Ceci étant dit, ces imperfections seront sans doute sans conséquence pour certains. Il ne me fait pas de doute qu’une partie du public sera charmée par le long métrage de Lowery, car des moments forts, il y en a. Je vous encourage à aller voir ce que je considère « un bel échec » afin de vous faire votre propre idée.

Le défunt réalisateur Howard Hawks aurait déjà dit qu’un bon film, c’est trois bonnes scènes et aucune mauvaise scène. A Ghost Story passe le premier test avec honneurs, mais trébuche au deuxième.

5.5/10.

A Ghost Story est présentement à l’affiche à Montréal au Cinéplex Forum et au Cinéma du Parc.

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